À Libreville, le 2 octobre 2025, soixante étudiants de l’Université Omar Bongo ont refermé une page singulière de leur parcours académique en participant aux derniers ateliers du programme UNESCO CFIT III du 29 septembre au 02 octobre 2025. Dans l’enceinte de la Maison des Nations unies, ils ont appris à manier les armes subtiles mais décisives de l’insertion professionnelle : la rédaction du CV, la lettre de motivation et la préparation à l’entretien d’embauche. Ceux de l’Université des Sciences et techniques de Masuku de Franceville ont achevé leur formation le 25 septembre dernier. Comme des artisans façonnant leurs propres outils, ils se sont exercés à ciseler les mots et à anticiper les attentes des recruteurs.
Cette formation, amorcée le 22 septembre à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku, à Franceville, a d’abord été pensée pour 200 étudiants, y compris avec ceux de l’Université Omar Bongo. Pourtant, face à l’intérêt suscité, « ce sont finalement 215 jeunes qui ont rejoint l’initiative », note l’équipe organisatrice, signe que l’attente en matière d’accompagnement est immense.
Le programme s’est déroulé en plusieurs vagues : deux cohortes de 60 étudiants à l’UOB, 60 autres à l’USTM et une quarantaine supplémentaire, avides de s’approprier ces « soft skills » si souvent absents des cursus classiques. Comme l’a rappelé Michée Thierry Asse Minko, Administrateur national du CFIT III, « nous avons pu dépasser nos prévisions, formant plus d’une fois soixante étudiants en seulement quatre jours », soulignant que l’objectif premier demeurait l’employabilité.

L’apprentissage fut conçu comme une marche progressive vers le monde du travail. À l’image d’un athlète préparant une course de fond, les participants ont appris à bâtir un projet professionnel, à se projeter dans l’avenir au-delà du seul premier emploi. Le coach Verlaine Assoumou a insisté : « cette formation permet d’anticiper les besoins en compétences, de se projeter non pas seulement sur le premier poste mais aussi au-delà ». En somme, il s’agissait moins de franchir une porte que d’apprendre à en ouvrir plusieurs.
Les retombées se sont rapidement fait sentir. Un étudiant a témoigné avoir réussi son premier entretien grâce aux techniques acquises. Pour Assoumou, cela confirme l’importance de généraliser ce type d’accompagnement : « les universités doivent intégrer cette formation, car trop d’étudiants perdent des opportunités faute de savoir rédiger un CV ou se préparer à un entretien ».
Le programme UNESCO CFIT III, soutenu par le Fonds-en-dépôt chinois, ne se limite pas à une série d’ateliers. Il se veut un tremplin, une passerelle entre l’université et l’entreprise. La coordinatrice adjointe du projet à l’UOB, le Pr. Hermine Matari, a salué une dynamique vertueuse : « nous avons voulu donner à un grand nombre d’étudiants la chance de bénéficier de ces formations, car elles enrichissent autant les apprenants que les enseignants ». Elle appelle désormais les entreprises à soutenir ces initiatives, rappelant que le financement public reste fragile.

Pour les étudiants eux-mêmes, cette expérience fut une véritable école de la confiance. Moussavou Ogoula Dieu-Donne, en fin de cycle à l’UOB, confie : « nous terminons nos études sans toujours savoir chercher un emploi ; cette formation m’a donné les outils nécessaires ». Quant à Tsona Boussougou Stevina Dorila, étudiante en Master 2 de Géographie, elle reconnaît : « nous avions tendance à faire du copier-coller sur Internet, ici nous avons appris à mettre en lumière nos vraies compétences ».
Ces paroles illustrent combien l’apprentissage ne se réduit pas à l’accumulation de savoirs théoriques, mais s’apparente à une préparation au combat de la vie professionnelle. Comme des navigateurs prenant la mer, les étudiants se dotent désormais de cartes et de boussoles pour ne pas s’égarer.
L’UNESCO CFIT III, en semant ces graines, espère récolter demain une génération mieux armée pour affronter les tempêtes du marché du travail. Car préparer, c’est déjà commencer à réussir. Et si le diplôme est une clé, la maîtrise des codes de l’entreprise est la main qui l’insère dans la serrure.


























