Lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2024, le président de la République, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, avait frappé fort en annonçant la création de 163 000 emplois pour l’année 2025. Une promesse d’emplois ambitieuse, porteuse d’espoir pour des milliers de jeunes en quête d’opportunités et pour des familles aspirant à une meilleure stabilité économique.
Mais dix mois plus tard, l’enthousiasme des premiers jours s’est mué en impatience, voire en doute. Sur le terrain, la concrétisation de cette promesse peine à se faire sentir. Les Gabonais, qui avaient salué avec ferveur l’engagement du chef de l’État, s’interrogent désormais : où sont passés les 163 000 emplois annoncés ?
De Libreville à Franceville, en passant par Port-Gentil, le constat est le même : les perspectives d’embauche restent limitées. Si certaines initiatives gouvernementales ont bien été lancées — notamment dans les secteurs du BTP, de la fonction publique et de la jeunesse —, leur impact reste difficile à mesurer.
« On a entendu parler de recrutements ici et là, mais moi, depuis janvier, je dépose des dossiers sans réponse », témoigne Apanga, jeune diplômé en informatique. Ce sentiment d’attente, partagé par beaucoup, traduit un désenchantement progressif vis-à-vis d’une promesse qui devait incarner la relance nationale.
Avec seulement trois mois avant la fin de l’année, atteindre l’objectif de 163 000 emplois paraît désormais hautement ambitieux. Le gouvernement est face à un défi de taille : rattraper le temps perdu et rassurer une opinion publique de plus en plus sceptique.
Dans les milieux économiques, certains estiment que la lenteur des procédures administratives et la conjoncture internationale ont ralenti le déploiement des programmes de recrutement. D’autres y voient une promesse politique davantage symbolique que réaliste, formulée à la veille de l’élection présidentielle d’avril 2025.
Car au-delà des chiffres, c’est la parole présidentielle qui se trouve désormais mise à l’épreuve. Tenir cette promesse serait un signal fort envoyé à la jeunesse gabonaise, lasse des discours sans lendemain. À l’inverse, son non-aboutissement pourrait fragiliser la confiance populaire envers les institutions et le leadership du chef de l’État.
« Les Gabonais n’attendent pas des miracles, mais des résultats concrets. Nous voulons travailler, pas seulement espérer », confie Mireille, commerçante à Owendo.
L’année touche à sa fin, et le peuple observe. Les trois derniers mois seront décisifs pour déterminer si cette promesse rejoindra la longue liste des engagements non tenus, ou si elle marquera un véritable tournant dans la politique sociale du pays.
Une chose est sûre : les Gabonais veulent croire, mais ils veulent surtout voir.







































