Soixante-six ans après l’indépendance, Joseph Lapensée Essingone refuse les discours de circonstance. Dans son message à la nation, l’ancien candidat à la présidentielle de 2025 dresse un bilan sans complaisance. Pauvreté, protection sociale fragile, crise du logement, école en souffrance : le tableau qu’il peint reste sombre. Pour lui, le Gabon a bien changé de dirigeants, mais pas vraiment de destin.
Le 17 août se célèbre. Pourtant, peut-on encore se contenter de drapeaux et de discours ? Lapensée Essingone tranche sans détour : « Oui, aujourd’hui les Gabonais sont gouvernés par les Gabonais. Malheureusement, le pays reste encore très mal gouverné. » La formule claque comme un verdict.
Une pauvreté qui dément les discours
Ainsi, le modèle social devient sa première cible. Il avance un taux de pauvreté de 33,1 % en 2025, selon la Banque africaine de développement. Par ailleurs, il juge le système de sécurité sociale « à l’agonie ». Concrètement, ce sont les familles elles-mêmes qui paient les soins de leurs proches. La solidarité publique, dit-il, cède la place à la débrouille familiale.
Des Gabonais sans toit ni terrain
De plus, le logement alourdit encore l’addition sociale. Il estime le déficit entre 300 000 et 315 000 logements à travers le pays. Les villages poussent, les quartiers s’étendent, puis la terre prend soudain de la valeur. Il dénonce alors « l’argument fallacieux le plus utilisé, c’est que la terre appartient à l’État ». Par la suite, il interroge : « La population n’est-elle pas une composante essentielle de la définition de l’État ? »
L’école, autre angle mort
Néanmoins, l’éducation reste tout aussi malmenée. Manque d’enseignants, classes surchargées, grèves à répétition : le constat s’accumule. Il tranche : « Les résultats déclarés […] ne sont que l’arbre qui cache la forêt. » Derrière les statistiques flatteuses, les salles de classe surchargées racontent une tout autre histoire.
Des progrès jugés mineurs
Enfin, son bilan historique tombe comme un couperet. « Le Gabon indépendant n’a fait que des progrès mineurs », affirme-t-il. En effet, il dénonce un simple remplacement des autorités coloniales par des nationaux.
La gouvernance, ultime combat
Cependant, Lapensée Essingone ne s’arrête pas au constat. Il désigne d’abord son combat prioritaire. « La question de la bonne gouvernance est donc le véritable combat que doit mener le peuple gabonais », martèle-t-il. Par conséquent, il appelle à porter au pouvoir « la personne la plus capable de gérer notre destin commun ». Ainsi, le drapeau a changé de mains, mais la promesse sociale, elle, demeure largement à accomplir.





































