L’Afrique du Sud traverse actuellement une période économiquement délicate et incertaine. Des manifestations anti-migrants se multiplient dans plusieurs grandes villes. Ce mouvement dépasse désormais le seul débat sécuritaire. En effet, des économistes redoutent un impact durable sur la croissance.
Ainsi, le chômage frôle les 33 % dans le pays. Par ailleurs, la criminalité reste particulièrement élevée sur le territoire. Une manifestation nationale a d’ailleurs eu lieu le 30 juin. Bien que pacifiques, ces rassemblements ont provoqué un exode massif. Selon les autorités locales, plus de 60 000 Zimbabwéens sont rentrés chez eux. De même, 38 000 Malawites ont quitté le pays récemment. Plusieurs centaines de Nigérians ont également été rapatriés. Dans certaines zones, des expulsions communautaires auraient également eu lieu.
Des secteurs clés menacés par cet exode
Cette situation inquiète vivement les experts du marché du travail. En effet, les migrants occupent des emplois peu pourvus localement. Notamment dans l’agriculture, la construction et l’hôtellerie-restauration. Selon Mpho Lenoke, chercheur à l’université North-West, ils comblent un vide réel. D’ailleurs, beaucoup créent des entreprises employant des Sud-Africains eux-mêmes.
Une contribution économique largement sous-estimée
D’après l’ONU, 2,6 millions de migrants vivaient dans le pays en 2024. Cela représente près de 5 % de la population totale. Selon l’OCDE et l’OIT, ils génèrent 9 % du PIB national. Ainsi, cette contribution dépasserait 43 milliards de dollars annuels. Pourtant, cette estimation reste probablement inférieure à la réalité. En effet, l’économie informelle échappe largement aux statistiques officielles.
Les « spaza shops », ces petites épiceries souvent tenues par des étrangers, illustrent cette interdépendance. Ces commerces alimentent grossistes et propriétaires locaux. Les récentes manifestations ont déjà perturbé cette activité. Ainsi, Shoprite a signalé des perturbations sur son service Sixty60.
Un débat contesté par les organisations internationales
Par ailleurs, l’OIT rejette l’idée d’une concurrence néfaste. Selon une étude récente, l’emploi des migrants stimule aussi l’emploi local. Ainsi, davantage d’immigrés créerait davantage d’opportunités pour tous.
Une croissance déjà fragile
Le contexte économique aggrave pourtant ces inquiétudes légitimes. La Banque mondiale a réduit sa prévision de croissance à 1 %. De plus, 8,1 millions de Sud-Africains restent sans emploi. Ainsi, un départ massif pourrait provoquer de graves pénuries. Cela ralentirait les récoltes et retarderait les chantiers.
Des investisseurs attentifs mais prudents
Pour l’instant, les marchés financiers restent globalement stables. Cependant, les investisseurs internationaux surveillent désormais ces tensions de très près. Ils considèrent ce climat comme un risque supplémentaire à intégrer. Ainsi, la confiance économique du pays pourrait s’effriter progressivement.
Des répercussions régionales à surveiller
Enfin, ces tensions dépassent largement les frontières nationales. L’Afrique du Sud demeure la première source de transferts régionaux. Selon un rapport conjoint, ces flux ont triplé depuis 2016. Ils dépassent désormais 19 milliards de rands annuels. Le Zimbabwe en capte à lui seul plus de 60 %. Le Lesotho, le Malawi et le Mozambique complètent ce classement régional. Ainsi, toute la région pourrait ressentir ces secousses économiques. Ce dossier illustre finalement combien les économies africaines restent profondément et durablement liées.



































