Le Conseil des ministres du jeudi 13 février 2025 a entériné une réforme majeure dans l’organisation de la formation des enseignants en République gabonaise. Ainsi, trois nouveaux établissements publics à caractère professionnel voient le jour : l’Institut de formation des professeurs d’écoles, l’Institut de formation aux métiers de l’éducation et l’Institut de formation à l’enseignement technique et professionnel. Cette initiative répond aux tensions récurrentes entre le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur concernant la tutelle des Écoles normales supérieures (ENS et ENSET).
Depuis plusieurs mois, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, et les responsables des ENS étaient en profond désaccord sur l’application des textes réglementaires, lesquels consacraient pourtant son autorité sur ces établissements. L’institution de ces trois nouveaux instituts vise à clarifier les responsabilités et à renforcer l’autonomie du ministère de l’Éducation nationale dans la gestion de la formation des enseignants.
Le communiqué final du Conseil des ministres précise que ces établissements bénéficieront d’une autonomie pédagogique, administrative et financière, tout en restant sous la tutelle du ministère. Leur création repose sur les dispositions de la loi n°21/2011 du 14 février 2012, qui définit l’orientation générale de l’éducation, et de la loi n°20/2005 du 3 janvier 2006, fixant les règles de création et d’organisation des services de l’État.
L’objectif affiché est d’améliorer la qualité de la formation des enseignants destinés aux niveaux pré-primaire, primaire, général, technique et professionnel. À cet effet, ces établissements s’organiseront autour d’un Conseil d’administration, d’une Direction générale, d’une agence comptable ainsi que de Conseils scientifique, de classe et de discipline.
Avec cette réforme, le ministère de l’Éducation nationale entend prendre pleinement en charge la formation des futurs enseignants, une responsabilité qui échappait en partie à son contrôle en raison de la gestion partagée avec l’Enseignement supérieur. Comme le souligne le communiqué, cette restructuration vise également à accompagner les réformes pédagogiques en cours et à mieux répondre aux défis du système éducatif gabonais.


























