Libreville, 7 avril 2026 – Un mouvement de grève a été déclenché mardi par les agents de la Direction Générale des Études et Laboratoires (DGEL), structure stratégique du ministère du Pétrole et du Gaz. À travers cette mobilisation, les agents entendent dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et exiger la prise en compte de revendications jugées prioritaires.
Un malaise ancien ravivé par des tensions persistantes
À l’origine de cette grève, les agents évoquent des « traitements inappropriés », des « conditions devenues insoutenables » ainsi que « des injustices répétées » qu’ils imputent à leur hiérarchie, notamment à la direction générale. Les grévistes assurent avoir respecté les dispositions légales en déposant un préavis assorti d’un cahier de charges, tout en maintenant un service minimum conformément à la réglementation en vigueur.
Selon plusieurs témoignages recueillis, le climat social au sein de la DGEL se serait progressivement détérioré depuis la réorganisation institutionnelle intervenue en 2021. Une réforme qui, selon les agents, n’a pas produit les effets escomptés, bien au contraire. Ces derniers dénoncent un sentiment de marginalisation et un manque de considération manifeste à leur égard.
« Nous avons multiplié les alertes et les correspondances administratives, mais nos préoccupations sont restées lettre morte », a confié un représentant des agents, traduisant un profond désarroi face à l’absence de réponses concrètes de la part des autorités compétentes.
Des revendications multiples et structurées
Au cœur du mouvement figurent plusieurs revendications majeures. Les agents réclament notamment leur reclassement au groupe 1 de la prime de performance budgétaire (PPB), qu’ils considèrent comme une mesure d’équité. Ils exigent également la régularisation administrative de certains collègues en situation précaire depuis plus d’une décennie, ainsi qu’une amélioration significative des conditions de travail.
La modernisation des équipements de laboratoire constitue un autre point central des doléances. Les agents estiment que les outils actuels ne répondent plus aux exigences techniques de leurs missions, compromettant ainsi la qualité du travail accompli.
Au total, le cahier de charges comporte seize revendications, révélant un malaise structurel plus profond au sein de cette direction clé. Par ailleurs, les grévistes dénoncent des pratiques assimilées à des mesures de rétorsion, évoquant des intimidations, des suspensions et des restrictions à l’exercice de leurs droits syndicaux.
Un climat de tension et un appel au dialogue
La tension demeure palpable au sein de la DGEL. Les agents accusent leur hiérarchie d’avoir procédé à des actions coercitives, notamment le retrait de banderoles en présence d’un huissier, sans décision judiciaire préalable. Une situation qui alimente davantage le climat de défiance entre les parties.
Les grévistes préviennent qu’ils pourraient durcir leur mouvement et suspendre toute négociation si leurs revendications ne sont pas examinées avec diligence et si les sanctions engagées à leur encontre ne sont pas levées. « Si aucune suite n’est donnée, la grève se poursuivra et pourrait s’intensifier », a averti un porte-parole, s’exprimant sous anonymat.
Sur le terrain, la mobilisation s’est déroulée sans incident majeur. Rassemblés dans l’enceinte de leur structure, les agents ont exprimé leur mécontentement à travers des banderoles et des manifestations sonores, dans une ambiance déterminée mais pacifique.
À ce stade, ni la direction générale ni le cabinet du ministre n’ont officiellement réagi. Pourtant, lors d’un récent Conseil des ministres, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait exhorté les membres du gouvernement à privilégier le dialogue social afin de prévenir les tensions dans l’administration publique.
Dans ce contexte, l’ouverture de discussions apparaît comme une nécessité urgente pour éviter une escalade du conflit et restaurer un climat de confiance durable.


























