Au Gabon, la scène politique traverse une nouvelle zone de turbulence marquée par de vives accusations portées par le parti RÉAGIR, dirigé par Michel Ongoundou Loundah. Dans un communiqué au ton particulièrement virulent, la formation politique dépeint une situation qu’elle qualifie sans détour de « farce politique » où « la politique gabonaise cesse d’être un espace de convictions pour devenir une médiocre pièce de boulevard ».
Le document, intitulé « Quand l’imposture s’érige en système politique », dresse un réquisitoire sévère contre certains acteurs politiques accusés d’avoir vidé l’engagement partisan de sa substance. Selon son auteur, ces pratiques traduisent une dérive profonde caractérisée par « la marchandisation des appareils politiques » et « la perte totale de boussole éthique ».
Accusations de spoliation et « stratégie de falsification méthodique »
Au cœur de cette controverse figure le ministre François Ndong Obiang, accusé par RÉAGIR d’avoir orchestré, avec un groupe de dissidents, une tentative d’appropriation de l’identité du parti. Le communiqué évoque une « stratégie de falsification méthodique au confluent de l’opportunisme et de la vénalité ».
Le parti dénonce notamment une tentative de modification de son identité visuelle, qualifiée avec ironie d’« accessoire au symbolisme aussi flou que leur ligne politique ». Pour ses responsables, cette initiative traduit un manque d’idées, certains protagonistes ayant voulu « masquer leur déficit d’idées » en s’appropriant des éléments identitaires existants.
Dans une formule appelée à marquer les esprits, le texte martèle : « On ne bâtit pas un destin avec des logos volés », soulignant ainsi la gravité symbolique de ces accusations.
Occupation illégale et fuite rocambolesque : des faits jugés « inacceptables »
Le communiqué va plus loin en évoquant des faits assimilés à une occupation illégale du siège du parti. Les mis en cause sont accusés d’avoir quitté les lieux en emportant divers biens matériels, dont « le mobilier, le matériel de bureau et… le chien de garde prêté par un cadre du parti ».
Une situation que RÉAGIR juge particulièrement grave, rappelant avec fermeté que « la politique n’est pas un cambriolage, mais un sacerdoce ». Cette formule résume à elle seule l’indignation suscitée par ces événements au sein du parti.
Une « liquidation mercantile » dénoncée autour d’un projet de fusion politique
L’autre point de tension majeur concerne le projet de fusion avec l’Union pour la Démocratie et le Bien-être (UDB), perçu par RÉAGIR comme une tentative de marchandisation du parti. Le communiqué évoque une « liquidation mercantile » visant à « vendre le sigle RÉAGIR au plus offrant pour en tirer des dividendes personnels ».
Le texte critique également l’attitude de François Ndong Obiang, estimant qu’« s’il souhaitait changer de bord politique, il aurait pu le faire avec la noblesse des hommes de conviction », mais qu’il a « préféré la bouffonnerie de la fuite en avant ».
Dans une mise en garde à peine voilée, RÉAGIR alerte l’UDB sur le risque d’acquérir une « boutique vide », rappelant que certains protagonistes auraient été « disqualifiés par la plus haute juridiction de l’État ».
Une dénonciation plus large des pratiques politiques
Au-delà des attaques ciblées, ce communiqué se veut une critique globale des dérives du système politique gabonais. Il dénonce notamment l’émergence de ce qu’il appelle des « pickpockets de la République », accusés de détourner les structures politiques à des fins personnelles.
En conclusion, le parti insiste sur son attachement à ses valeurs et à son histoire, affirmant avec force : « On peut falsifier un cachet, mais on ne maquille pas l’histoire. On peut occuper un bâtiment, mais on ne loge pas la trahison dans le cœur des militants engagés ».


























