Séoul, 8 avril 2026 – Face aux tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz, la Corée du Sud intensifie ses efforts pour diversifier ses sources d’approvisionnement en pétrole brut. Kang Hoon-sik, chef de cabinet de la présidence sud-coréenne, a mené récemment des missions au Kazakhstan, à Oman et en Arabie saoudite, dans le but de sécuriser les volumes nécessaires pour les mois à venir, réduisant ainsi la dépendance du pays à près de 70 % du Moyen-Orient.
Une diversification des fournisseurs en réponse aux risques géopolitiques
Pour limiter sa vulnérabilité, Séoul a progressivement élargi son portefeuille de partenaires pétroliers. Au-delà des fournisseurs traditionnels comme l’Arabie saoudite et les États-Unis, le pays s’oriente vers des producteurs alternatifs, notamment le Gabon et le Congo. Selon le ministère sud-coréen du Commerce, « 110 millions de barils de brut de substitution pour avril et mai » ont été sécurisés via 17 pays, incluant le Brésil, l’Australie, le Congo, le Gabon et le Canada.
Ces volumes couvriraient environ « 60 % de la demande habituelle d’avril et 70 % de celle de mai », selon le directeur général du bureau de la sécurité de l’industrie, du commerce et des ressources. Au-delà d’une solution conjoncturelle, cette réorientation pourrait amorcer une politique énergétique sud-coréenne plus durable, moins dépendante du détroit d’Ormuz.
Kang Hoon-sik a rappelé que cette diversification s’impose comme une nécessité structurelle : « La Corée du Sud doit d’urgence diversifier ses lignes d’approvisionnement, le pays dépendant de la route d’Ormuz pour environ 61 % de ses importations de brut et 54 % de celles de naphta », a-t-il déclaré lors d’un point de presse, selon Reuters.
Une opportunité encadrée pour les producteurs africains
L’intégration progressive du Congo, après le Gabon, dans les circuits sud-coréens constitue une opportunité pour les producteurs d’Afrique centrale. Cette initiative coïncide avec un contexte de prix du brut supérieur à 110 dollars le baril, offrant un potentiel de recettes accru pour les exportateurs régionaux.
Cependant, cette perspective reste limitée par des contraintes structurelles. En République du Congo, premier producteur de la CEMAC, le pétrole représente près de la moitié du PIB et l’essentiel des exportations, mais le pays continue d’importer environ 30 % de ses carburants, faute de capacités de raffinage suffisantes. Une partie des gains liés à la hausse des prix est ainsi absorbée par l’achat de produits raffinés sur le marché international.
Le Gabon, déjà intégré dans ces flux, présente des fragilités similaires. Malgré des volumes significatifs de production de brut, ses capacités locales de transformation restent limitées, réduisant l’impact net des cours élevés sur l’économie nationale.
Vers une stratégie régionale d’exportation optimisée
Dans ce contexte, la Corée du Sud se positionne comme un client stratégique capable d’influencer les flux d’exportation d’Afrique centrale. La demande sud-coréenne pourrait encourager des investissements dans la capacité de raffinage et la modernisation des infrastructures locales, mais ces mesures nécessitent encore des réformes structurelles et une coordination accrue entre États producteurs et opérateurs privés.
Ainsi, le Gabon et le Congo apparaissent comme des relais essentiels pour Séoul, tout en soulignant les limites et les défis qui persistent pour transformer cette opportunité conjoncturelle en bénéfice durable pour la région.


























