Libreville, 7 avril 2026 – L’État gabonais a engagé une démarche résolue visant à obtenir le règlement d’un arriéré fiscal estimé à 29,1 milliards de FCFA auprès de la Gabon Oil Company. Cette initiative, révélée par Africa Intelligence, s’inscrit dans un contexte de renforcement de la discipline budgétaire et de recherche accrue de ressources internes.
Une créance fiscale issue d’une transaction stratégique
À l’origine de ce contentieux figure le rachat, en juillet 2025, des actifs de Tullow Oil par la Gabon Oil Company. Selon les informations disponibles, la créance correspond à une retenue à la source qui n’aurait pas été reversée au Trésor public, en dépit des obligations fiscales encadrant cette opération.
Ce manquement met en lumière des défaillances dans l’exécution des engagements fiscaux liés à des transactions pourtant structurantes pour le secteur énergétique national. Il soulève également des interrogations quant aux mécanismes de contrôle interne au sein de l’entreprise publique, censée incarner les standards de conformité les plus élevés.
Une problématique de gouvernance au cœur des enjeux
Au-delà de la dimension strictement fiscale, ce dossier révèle des fragilités dans la gouvernance des entreprises publiques. La Gabon Oil Company, en tant que bras opérationnel de l’État dans le domaine pétrolier, se retrouve dans une position paradoxale, confrontée à une situation de non-conformité vis-à-vis de l’administration fiscale.
Le non-respect de l’échéancier convenu avec le ministère de l’Économie accentue cette tension et fragilise la crédibilité de l’entreprise. Cette situation met en exergue la difficulté de concilier des missions stratégiques, souvent liées à la souveraineté énergétique, avec les exigences de rigueur financière et de transparence.
Rigueur budgétaire et impératif de crédibilité
Dans un contexte marqué par des tensions sur les finances publiques, la question du recouvrement des recettes fiscales revêt une importance capitale. Les autorités gabonaises font face à un volume d’impayés fiscaux estimé à près de 800 milliards de FCFA sur la période 2023-2024, tandis que la dette publique dépasse désormais 71 % du produit intérieur brut.
Dès lors, le règlement de la dette de la Gabon Oil Company dépasse le simple cadre d’un différend administratif. Il constitue un véritable test de crédibilité pour l’État, soucieux de démontrer sa capacité à faire respecter les règles fiscales, y compris auprès de ses propres entités.
Cette exigence de discipline est d’autant plus forte que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a exprimé sa volonté d’engager un nouveau programme avec le Fonds monétaire international. Dans ce cadre, les partenaires internationaux attendent des signaux tangibles en matière de transparence, de bonne gouvernance et de maîtrise des finances publiques.
En définitive, l’issue de ce dossier sera déterminante pour l’image de l’État gabonais et sa capacité à instaurer une culture de responsabilité au sein de ses entreprises publiques.


























