Libreville retient son souffle ce mardi 14 juillet 2026. Un séisme silencieux secoue la presse gabonaise. Deux figures du journalisme national, Pharel Boukika Mouketou et Fabien Bibang, respectivement directeur de publication et rédacteur en chef de Dépêches 241, ont reçu un appel inattendu. La Direction générale des recherches (DGE) les convoque à un mystérieux entretien privé. Aucun papier officiel n’accompagne cette demande. Aucune justification écrite ne circule. Seulement une voix au téléphone, et beaucoup de questions. Le Groupe Dépêches Gabon a d’ailleurs rendu l’information publique dès ce mardi 14 juillet. Un geste de transparence, dans un contexte sensible pour toute la corporation journalistique locale.
Une convocation sans visage légal
Étrangement, rien ne ressemble ici à une procédure classique. D’ordinaire, une convocation s’accompagne d’un document, d’un motif, d’un cadre juridique précis. Pourtant, silence radio sur ces points essentiels. Malgré ce flou, les deux journalistes annoncent qu’ils répondront présent. Ils évoquent un esprit de responsabilité et de dialogue avec les institutions. Une attitude conciliante, en somme, face à une démarche pour le moins opaque et déroutante. Néanmoins, cette bonne volonté n’efface pas le trouble ressenti. Car en droit, toute convocation adressée à un professionnel obéit à des formes précises, garantissant ses droits fondamentaux.
Le renseignement hors de son couloir naturel
Cette affaire soulève une question de fond. Un service sécuritaire peut-il légitimement s’immiscer dans un dossier de presse ? Au Gabon, le délit de presse a été dépénalisé depuis plusieurs années déjà. Ainsi, tout litige touchant au métier de journaliste doit transiter par la Haute Autorité de la communication. Ce régulateur indépendant demeure le seul arbitre reconnu en la matière. Voir un organe de renseignement avancer sur ce terrain surprend, et inquiète franchement une partie de la profession médiatique. Par conséquent, beaucoup s’interrogent désormais sur les limites réelles séparant sécurité nationale et liberté d’informer au quotidien.
Une vigilance collective désormais réclamée
Le Groupe Dépêches Gabon ne s’arrête pas à son propre cas particulier. Il appelle les organisations médiatiques, la société civile et les partenaires internationaux à observer attentivement la suite des événements. Cette alerte survient alors que les tensions entre presse et régulateurs s’accumulent, notamment autour de la couverture des réseaux sociaux. Chaque nouvel épisode, institutionnel ou officieux, fragilise un peu plus l’équilibre démocratique gabonais. La liberté d’informer, finalement, ne concerne jamais une seule rédaction isolée : elle engage tout un pays, ses citoyens, et son avenir démocratique commun. En définitive, cette affaire dépasse largement Dépêches 241 et interroge l’État de droit gabonais.









































