Le mouvement rebelle AFC/M23 affirme avoir relâché plus de 5 000 militaires congolais. Une annonce non confirmée par la Croix-Rouge internationale, qui suscite la méfiance des acteurs politiques sur le terrain en République démocratique du Congo .
Une annonce sans images ni vérification
Depuis plusieurs semaines, le groupe armé AFC/M23, actif dans l’est de la République démocratique du Congo, affirme avoir remis plus de 5 000 soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en vue de leur transfert vers Kinshasa. Cette déclaration, diffusée autour de la mi-mars, n’est étayée par aucun document visuel ni aucune donnée vérifiable à ce jour.
Le CICR dans une position de réserve
Interpellée sur le sujet, l’organisation humanitaire internationale a indiqué avoir pris connaissance du communiqué publié par la rébellion, sans valider pour autant la réalité d’une libération effective. Cette réponse mesurée contraste avec la précédente intervention de la même organisation en mai 2025, au cours de laquelle le CICR avait effectivement facilité le transfert de plus de 1 300 combattants désarmés depuis Goma vers la capitale congolaise, une opération documentée et saluée par les observateurs.
Scepticisme politique face aux promesses rebelles
Dans les cercles politiques congolais, l’annonce du M23, mouvement dont le soutien rwandais est largement documenté, est accueillie avec prudence. Plusieurs acteurs estiment que cette déclaration reste, pour l’heure, sans traduction sur le terrain. Certains y voient davantage une opération de communication destinée à influencer les négociations en cours, qu’un geste humanitaire sincère.
Les FARDC lancent une opération militaire dans la Tshopo
Pendant que ce flou persiste, l’armée congolaise a déclenché depuis le 30 mars une campagne de traque à l’encontre des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), encore présents sur le sol congolais. Partant de Kisangani, dans la province de la Tshopo, cette opération s’inscrit dans le cadre des engagements pris lors des accords de paix de Washington, cherchant à démanteler les groupes armés étrangers dans la région.
Un conflit aux multiples inconnues
L’est de la RDC demeure une zone de tension extrême, où les annonces se multiplient sans toujours se concrétiser. La crédibilité future du M23 dépendra de sa capacité à transformer ses déclarations en actes vérifiables. Tant que les preuves manquent, la méfiance prévaut, et avec elle, l’espoir d’une désescalade reste fragile dans cette région meurtrie par des décennies de conflits.


























