Le mercredi 27 novembre dernier, la section locale du Syndicat national des enseignants-chercheurs (SNEC) de l’Institut Supérieur de Technologie (IST) a tenu un point de presse au sein même du campus fermé de Bikélé Nzong, dans la commune de Ntoum. Par la voix de son président, Hugues Maganga, la formation syndicale a appelé le gouvernement à convoquer une réunion d’urgence afin de mettre un terme à l’impasse que vivent aujourd’hui les étudiants de l’établissement.
La crise actuelle, qui plonge des milliers d’apprenants dans l’incertitude, n’est que l’ultime manifestation d’un dysfonctionnement systémique. Depuis plusieurs années, le syndicat ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur les conditions jugées « exécrables » d’apprentissage au sein de cet établissement public, allant du manque d’infrastructures adéquates à l’absence d’équipements pédagogiques essentiels.
« L’IST porte de nombreuses formations techniques et technologiques alignées sur les besoins de notre économie. Conformément à sa mission première, former des cadres moyens dans les secteurs tertiaire et secondaire, l’établissement est désormais engagé dans le système LMD, produisant même des cadres supérieurs. Alors que les filières du tertiaire et de l’informatique demeurent solides, de nouveaux parcours en génie électrique, génie biomédical ou encore génie agricole voient le jour », a expliqué Hugues Maganga.
Le leader syndical déplore toutefois le non-paiement par l’État d’une dette dépassant les 300 millions de francs CFA, un facteur majeur ayant conduit à la paralysie actuelle.
Un promoteur acculé : “Nous n’avions plus le choix”
Joint sur place, le promoteur du bâtiment, Pierre Epiemendet, dit avoir été contraint de fermer les locaux face à l’inertie administrative.

« Le premier contrat a été signé en mars 2024, puis un avenant le 17 septembre de la même année. Ni le contrat initial ni l’avenant n’ont été honorés. Le premier paiement est bloqué au Trésor depuis l’exercice 2024-2025, tandis que l’avenant reste coincé au niveau du Patrimoine de l’État. Depuis septembre 2024 jusqu’en novembre 2025, rien n’a été débloqué », a-t-il déclaré, regrettant une situation qu’il qualifie de « douloureuse mais inévitable ».
Face à l’absence de réaction des autorités sollicitées à plusieurs reprises, le propriétaire dit avoir choisi la fermeture temporaire du bâtiment, espérant une issue favorable dans les meilleurs délais.
Un appel pressant avant la rentrée de décembre
De son côté, le syndicat, conscient des préjudices considérables subis par les étudiants et les enseignants, exhorte le gouvernement à ouvrir un véritable cadre de concertation avant la reprise des cours prévue en décembre.
Pour les partenaires sociaux, la fermeture de l’IST n’est pas seulement une crise administrative : c’est un signal d’alarme sur l’avenir de l’enseignement technologique au Gabon. Ils appellent les autorités à une décision urgente, afin de préserver non seulement les carrières académiques en cours, mais également les ambitions d’un établissement qui demeure stratégique pour la formation de la main-d’œuvre nationale.


























