Libreville, 6 novembre 2025 – « Vingt-sept ans ! Ce n’est qu’un chiffre. Certes. Mais pas seulement », rappelle l’ONG Agir pour le Gabon, à l’occasion de la 27ème édition de la Journée nationale sans Alcool et sans Tabac. Depuis plus d’un quart de siècle, cette initiative s’élève comme un phare dans la nuit, dénonçant les ravages silencieux de l’alcool et du tabac dans la société gabonaise. « En 27 ans, que de dizaines de milliers de vies brisées, consumées par le tabac et noyées dans l’alcool ! » déplore l’organisation, soulignant l’urgence d’une prise de conscience collective.
Cette année, le thème choisi, « Sans Alcool, Sans Tabac, mais surtout : Halte à la violence en milieu scolaire ! », sonne comme un cri du cœur. « Le but n’est ni de culpabiliser ni d’effrayer les consommateurs », insiste l’ONG, « mais d’appeler l’État et les populations à plus de responsabilité ». Car le fléau ne se limite pas à la santé : il nourrit la pauvreté, déstructure les familles, grevette le budget des soins de santé publique et alimente les violences scolaires. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, « la consommation de tabac tue plus de 7 millions de personnes chaque année dans le monde, soit plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis ». Plus alarmant encore, « le tabagisme passif provoque plus de 1,6 million de décès, dont 31 % d’enfants ». Et si les pays riches connaissent un recul, dans les pays sous-développés, notamment en Afrique, « 20 % des 13/15 ans fument dans le milieu scolaire », une statistique inquiétante qui dessine un futur à hauts risques.
L’alcool, lui aussi, fait des ravages invisibles mais persistants. « Les jeunes au Gabon boivent de plus en plus tôt, et certains cherchent à boire le plus possible », dénoncent les militants, imputant en partie ce phénomène à « des campagnes publicitaires agressives et non contrôlées, financées par les industriels du secteur ». Les conséquences sociales sont multiples : violence, accidents, déscolarisation, fragilisation des liens familiaux. Pour Agir pour le Gabon, « il y a urgence pour les pouvoirs publics à agir », en installant notamment « des centres d’information et de soutien aux victimes du tabagisme et/ou de l’alcoolisme ». Une action indispensable pour éviter que le fléau ne devienne totalement hors de contrôle.
Depuis 27 ans, cette journée se veut donc un miroir tendu à la société, révélant ses faiblesses mais aussi ses possibles résiliences. Elle interpelle chacun, de l’autorité publique au citoyen, en passant par les jeunes eux-mêmes. « La lutte contre l’alcoolisme et le tabagisme est un combat de tous les jours, et chaque geste compte », conclut l’ONG, invitant à un engagement durable et collectif. Dans cette fresque d’alerte et de vigilance, l’espoir demeure que le Gabon saura, un jour, regarder en face ces fléaux et tourner la page des générations consumées trop tôt.


























