L’artiste gabonais Eboloko, au cœur d’une vive polémique pour avoir mis en scène des violences conjugales dans une campagne de communication, a présenté ses excuses publiques et exprimé son souhait de rencontrer le Collectif des féministes du Gabon. Une démarche qui suscite autant d’interrogations que d’espoirs.
Une stratégie de communication jugée irresponsable
Tout est parti d’une publication de Frédalie Merkelle, alias « Cuisinor », compagne d’Eboloko, évoquant des violences supposées. Rapidement, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une mise en scène destinée à promouvoir un clip musical. Cette instrumentalisation d’un sujet aussi grave que les violences faites aux femmes a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique.
Le Collectif des féministes du Gabon a réagi avec fermeté, déposant une plainte auprès du Procureur de la République pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation médiatique indécent».
Dans une lettre rendue publique le 6 novembre 2025, Eboloko reconnaît une « communication regrettable» et qualifie son geste de « profondément inapproprié». Il présente ses excuses à sa compagne, à sa famille, et à toutes les personnes heurtées par cette mise en scène.
Il affirme vouloir rencontrer le Collectif des féministes du Gabon afin de s’engager « de manière patriotique» dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Une initiative qui, bien que saluée par certains, est perçue par d’autres comme une tentative de redorer son image.
Cette affaire soulève une question essentielle : peut-on instrumentaliser la douleur des victimes pour faire passer un message artistique? Et surtout, les excuses suffisent-elles à effacer une faute aussi symboliquement lourde?
Le Collectif des féministes du Gabon, en première ligne sur ces enjeux, reste prudent quant à la sincérité de cette démarche. Il appelle à des engagements concrets, loin des effets d’annonce.


























