Selon Africa Intelligence, Brice Clotaire Oligui Nguema « a pesé de tout son poids dans les arbitrages politiques » précédant les sénatoriales des 8 et 25 novembre, afin de s’assurer que l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) s’impose également au Sénat après sa victoire écrasante aux législatives. L’élection des 70 membres de la chambre haute vient clore la séquence électorale post-transition, avec un scrutin indirect qui confirme, selon la publication, « la recomposition profonde du paysage partisan gabonais ».
Les dynamiques observées lors des législatives et municipales de septembre se prolongent ainsi presque mécaniquement. Africa Intelligence souligne que l’UDB « devrait rafler au minimum 50 des 70 sièges », reléguant le Parti démocratique gabonais (PDG) à un rôle marginal. Le parti qui fut central sous Omar et Ali Bongo « a dû revoir drastiquement ses ambitions », note encore le média, évoquant un rapport de force désormais entièrement favorable au chef de l’État.
La rencontre du 21 octobre, au Palais du bord de mer, illustre ce basculement politique. Oligui Nguema a reçu pendant une trentaine de minutes une délégation du PDG composée de Blaise Louembé Kouya, Angélique Ngoma, Jeannot Kalima et Camélia Ntoutoume Leclercq. Africa Intelligence rappelle que « le PDG espérait obtenir 17 sièges » au regard des premiers pourparlers, mais que le chef de l’État, accompagné du secrétaire général de l’UDB Mays Mouissi, « n’en a garanti que 10 ». Les envoyés du parti ont également tenté d’aborder la question des irrégularités constatées lors des législatives, mais, selon la même source, « le président n’a pas jugé utile de rouvrir le dossier ».
Le PDG doit toutefois se contenter de quelques compensations. Oligui Nguema a accepté de confier plusieurs suppléances de candidats UDB à des personnalités du parti d’opposition, un geste qualifié par Africa Intelligence de « concession tactique plus que d’ouverture réelle ». Une exception notable concerne Franceville, où un ticket commun PDG/UDB s’est formé autour de Justin Ndoundangoye, unique candidat dans les deux premiers arrondissements. Ce choix écarte Karine Arissani, une proche du président, qui devrait, selon la publication, « être redéployée vers une fonction dans une entreprise publique ».
Le même jour, le président de la Transition a également reçu plusieurs partis d’opposition. À l’Union nationale, dont est issue la présidente du Sénat de transition Paulette Missambo, il a garanti deux sièges. Africa Intelligence note que Missambo, unique candidate à Libreville, « semble en position idéale pour conserver le perchoir ».
Le rapport de force issu des législatives explique largement cette redistribution. L’UDB avait alors « emporté 102 des 145 sièges de la nouvelle Assemblée », s’assurant une domination sans partage. Le PDG n’en avait conservé que 16, tandis que les petits partis se partageaient les miettes : trois sièges pour le RPM d’Alexandre Barro Chambrier, deux pour l’Union nationale et deux pour les SDG.
Ainsi, la stratégie présidentielle se confirme : « installer durablement l’UDB au centre du jeu institutionnel », afin d’ancrer son projet politique dans toutes les strates du pouvoir.











































