« Quel que soit le nombre de vidéos qui sortiront, le procès aura lieu. » Par cette sentence martelée comme un coup de marteau sur l’enclume républicaine, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, conseiller spécial et porte-parole de la Présidence, a clarifié, ce vendredi 7 novembre 2025, la position du gouvernement sur le dossier explosif des Bongo Valentin. La conférence de presse, tenue dans l’austère salle de la présidence de la République, avait des allures de scène où l’État, déterminé, entend remettre chaque vérité à sa place, comme on redresse un tableau longtemps demeuré de travers.
Face aux caméras et à un parterre de journalistes en alerte, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a levé toute ambiguïté : le procès de Sylvia Bongo Valentin et de son fils Nourredin s’ouvrira bel et bien à Libreville. Aucun souffle extérieur, aucune pression venue d’ailleurs, ne pourra, selon lui, infléchir le cours d’une justice gabonaise qui entend se tenir droite, « sans se laisser dicter sa conduite ». « Les avocats peuvent dire ce qui’ls veulent… ces derniers seront jugés… nous ne sommes pas en France ici », a-t-il lâché, d’un ton ferme, tel un capitaine qui rappelle que le navire de la justice navigue sous pavillon national et non sous drapeau emprunté.
La polémique autour des vidéos circulant en ligne, alimentée par des torrents de commentaires, a aussi trouvé une réponse claire. Le porte-parole a tenu à désamorcer les rumeurs en rappelant leur origine. « Elles ont été prises dans un cadre encadré par la loi… j’invite toutes les personnes qui apparaissent à porter plainte », a-t-il insisté, comme pour replacer la vérité au centre d’un débat devenu, sur les réseaux sociaux, un véritable marché aux illusions. Ces images, brandies comme des étendards par certains, ne sauraient, affirme-t-il, masquer le cœur du dossier ni entraver la marche du droit.
Pour la Présidence, les agissements orchestrés autour de cette affaire relèvent d’une véritable stratégie de déstabilisation, « des manœuvres saugrenues » imputées à Sylvia Aimée Valentin épouse Bongo et à son fils. Pourtant, loin de susciter l’inquiétude, ces actions seraient observées par l’État avec une « sérénité et une froideur » assumées, à l’image d’un chêne qui ne se laisse pas déraciner par le vent des rumeurs. Rien, assure le porte-parole, ne pourra empêcher que les deux mis en cause répondent devant la justice des actes qui leur sont reprochés.
Si une partie de l’opinion publique continue d’accuser un procès politique et prédit que les inculpés ne se présenteront pas, les autorités, elles, y voient au contraire un tournant majeur. Ce procès, martèlent-elles, n’est pas une mise en scène mais l’illustration d’un changement profond : la fin annoncée d’une longue saison d’impunité. Un moment où la justice, longtemps jugée vacillante, entend désormais se tenir debout, comme un phare qui refuse de s’éteindre malgré les tempêtes.


























