Face aux remous que la suppression des subventions pétrolières aurait pu provoquer, le Gabon a choisi la voie de la sagesse, celle qui écoute avant de trancher et qui apaise avant de réformer. Alors que l’entrée en vigueur de la mesure était prévue pour le 1er janvier 2026, conformément à la loi de finances 2026, les populations retenaient leur souffle, redoutant une onde de choc sur leur quotidien. Finalement, le gouvernement a fait marche arrière, une décision annoncée le 5 novembre par le ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, agissant sous les instructions du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Une volte-face qui sonne comme un proverbe : « Quand la mer se fâche, mieux vaut savoir rentrer au port que de braver la tempête. »
Cette réforme, présentée initialement comme un virage vers la libéralisation progressive du secteur pétrolier, avait pour ambition de réduire l’intervention de l’État afin de laisser davantage de place aux opérateurs privés. Mais le retrait brutal des mécanismes de compensation aurait été comparable à enlever le toit d’une maison en pleine saison des pluies. Les experts économiques, unanimes, prévoyaient une hausse immédiate des prix du carburant de 15 à 30 %, avec un effet domino sur le transport, l’électricité et les produits essentiels. Les organisations sociales avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, comme des sentinelles veillant à l’horizon, avertissant du risque d’une explosion sociale.
Le ministre Sosthène Nguema Nguema l’a reconnu sans détour : « Il était question qu’au 1er janvier 2026, la subvention soit retirée. Mais les conséquences économiques et sociales auraient été lourdes pour toutes les couches de la population. » Il a précisé que le chef de l’État, après réexamen, a écarté le projet. En véritable « père de la Nation », Brice Clotaire Oligui Nguema a fait primer l’écoute sur la rigidité, choisissant « la paix du foyer national plutôt qu’un brasier inutile ». Une décision rappelant que gouverner, c’est entendre, puis comprendre, avant finalement d’agir.
Depuis de nombreuses années, l’État gabonais subventionne le gaz butane, le gasoil, l’essence et le pétrole lampant pour protéger le pouvoir d’achat des ménages. Ce mécanisme coûte chaque année entre 51 et 105 milliards de francs CFA, selon le cours du baril. Pour 2024, 75 milliards avaient été mobilisés. Bien que lourde, cette charge demeure un rempart indispensable contre la volatilité mondiale. La supprimer maintenant aurait été comme retirer la canne d’un aîné encore fragile : une décision dangereuse et inutilement brutale.
Le maintien des subventions pétrolières s’inscrit enfin dans la cohérence gouvernementale. Comment prôner la lutte contre la vie chère tout en retirant l’un de ses principaux outils de régulation ? Le chef de l’État, qui a créé un ministère dédié à cette mission, réaffirme ainsi sa volonté de protéger les ménages. Les syndicats et associations de consommateurs saluent unanimement cette décision, y voyant un acte de responsabilité, d’écoute et d’apaisement. Certes, l’effort pèsera sur les finances publiques, mais il préservera l’harmonie sociale, condition première de tout développement durable.


























