Ce n’est plus un simple malaise, c’est une alerte rouge. À l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM), les conditions de vie des étudiants ont atteint un seuil critique. Ce 06 octobre 2025, une délégation des mutuelles estudiantines, conduite par le président de la mutuelle de la faculté des sciences, a effectué une visite inopinée sur le campus. Ce qu’elle a découvert dépasse l’entendement : une réalité brutale, indigne d’une institution censée former l’élite scientifique du pays.
Dans les dortoirs de l’USTM, les chambres conçues pour quatre abritent désormais jusqu’à neuf étudiants. La promiscuité est telle que l’intimité, la concentration et même le sommeil deviennent des privilèges rares. Les couloirs sont saturés, les visages marqués par la fatigue, et les infrastructures ploient sous le poids d’une population estudiantine en constante augmentation.
Cette situation est la conséquence directe d’une politique gouvernementale visant à limiter les départs à l’étranger. Si l’intention de retenir les talents sur le territoire est louable, elle s’est heurtée à une absence flagrante de mesures d’accompagnement. Résultat : les étudiants sont livrés à eux-mêmes, contraints de partager le moindre espace, la moindre ressource, parfois même le même lit.
Le président de la mutuelle, consterné, a lancé un cri du cœur :
« Nous lançons un appel pressant aux autorités compétentes, au ministère de l’Enseignement supérieur, et au Président de la République. Nos étudiants souffrent en silence. Il est temps d’agir. »
Mais au-delà de l’émotion, c’est une interpellation politique. Car derrière chaque étudiant épuisé se cache un rêve en péril. Les cas de vol, de malaise, d’altercations se multiplient. Les travaux à réaliser s’accumulent, les équipements se dégradent, et le moral s’effondre.
L’USTM, jadis symbole d’excellence, devient le miroir des failles structurelles de notre système éducatif. Et si les jeunes ne se battent pas, qui le fera pour eux ? Le silence des autorités face à cette détresse est une forme de complicité. Il ne suffit plus de parler de jeunesse et d’avenir : il faut agir, investir, réformer.
Car une nation qui néglige ses étudiants est une nation qui compromet son propre futur.


























