Depuis plusieurs semaines, certains activistes et hommes politiques critiquent la rentrée scolaire fixée en septembre, remettant en cause le leadership de la ministre de l’Éducation nationale. Pourtant, ce choix n’a rien d’improvisé : il répond à une logique claire, conforme aux standards internationaux et aux recommandations des institutions qui évaluent les systèmes éducatifs.
Dans l’ensemble des pays francophones, la rentrée scolaire a lieu en septembre afin de garantir une durée complète des cours et un déroulement harmonisé des programmes. Le Gabon applique simplement cette norme universelle. L’UNESCO, qui suit de près la performance des systèmes éducatifs, a rappelé que l’évaluation du Gabon aura lieu cette année et que le respect du calendrier scolaire est un indicateur essentiel de crédibilité et de bonne gouvernance.
Cette rentrée coïncide avec la grande opération d’évaluation PASEC2024, pilotée par la CONFEMEN (Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie).
Plus de 27 000 participants mobilisés au Gabon, des élèves aux enseignants en passant par les chefs d’établissement et parents.

Une collecte simultanée dans une vingtaine de pays africains, produisant des données fiables et comparables sur la maîtrise de la lecture et des mathématiques au primaire et au collège.
Un suivi rigoureux : formations spécialisées des administrateurs, encadrement par des experts internationaux, respect d’un protocole harmonisé.
Selon Joachim Ondjila, superviseur national du PASEC : « Le PASEC va plus loin qu’un examen classique : il permet de comprendre les racines des difficultés des élèves. » Ces résultats serviront directement à ajuster les politiques éducatives nationales, dans l’esprit de l’ODD4 (Objectif de Développement Durable sur l’éducation de qualité pour tous).
Sous le président Ali Bongo Ondimba, le Gabon occupait la 2ᵉ place sur 14 pays francophones dans les évaluations éducatives internationales, devant des pays comme le Sénégal ou le Mali. Ne pas respecter le calendrier scolaire cette année aurait envoyé un signal négatif aux institutions d’évaluation et compromis notre classement dès le départ.
Cette rentrée est également un test politique pour le président Brice Clotaire Oligui Nguema : montrer que l’éducation n’est pas sacrifiée sur l’autel des échéances électorales. Décaler la rentrée aurait signifié à la communauté internationale que la politique prime sur l’école — un message dangereux pour l’image du pays.
Certains parents affirment ne pas être prêts pour la rentrée scolaire. Mais faut-il, à chaque échéance électorale, envoyer les enfants en vacances forcées et perturber l’apprentissage ? Cette pratique affaiblit notre système éducatif, retarde la progression des élèves et nous isole des bonnes pratiques observées chez nos voisins.
Garantir la régularité du calendrier scolaire n’est pas une décision personnelle : c’est un engagement de l’État gabonais vis-à-vis de ses enfants et de la communauté internationale. En ciblant la ministre de l’Éducation nationale, certains acteurs fragilisent indirectement toute la structure éducative et le prestige du pays.
En résumé : copier ce qui se fait de mieux ailleurs n’est pas une faiblesse, c’est un signe de maturité. Maintenir la rentrée scolaire en septembre, c’est affirmer que le Gabon place l’éducation au-dessus des contingences politiques et qu’il entend rester un élève modèle dans l’espace francophone.
Par Darlyck Ornel Angwe


























