Lambaréné traverse une crise sanitaire et sociale d’une rare intensité. Depuis le 8 avril 2026, le personnel de l’Hôpital Albert‑Schweitzer (HAS) a entamé une grève illimitée, dénonçant le non‑paiement de quatre mois de salaire et des conditions de travail devenues, selon eux, « indignes ». Le préavis de dix jours adressé à la direction étant resté sans réponse, les agents ont décidé de cesser toute activité non essentielle.
Cette mobilisation dépasse le simple cadre revendicatif. Elle met en lumière les fragilités d’un établissement qui n’est pas un hôpital comme les autres. Le HAS est un symbole historique du Gabon, un centre de référence dont la réputation dépasse les frontières du pays. Le voir paralysé par des difficultés aussi basiques que le paiement des salaires interroge profondément sur la gouvernance du secteur sanitaire.
Malgré l’arrivée récente d’un nouveau directeur, les attentes de changement se sont rapidement heurtées à la réalité. Les agents affirment que la situation porte atteinte à leur dignité, à leur équilibre professionnel et à leur capacité à assurer correctement les soins.
Les conséquences sont immédiates : consultations retardées, hospitalisations différées,surcharge des autres structures de Lambaréné, déjà fragilisées, risque de rupture dans la continuité des soins.
Le service minimum est assuré, mais les équipes préviennent que la situation pourrait rapidement devenir critique si aucune solution n’est trouvée.
Lionel Lassy, responsable du syndicat Force ouvrière indépendante (FOI), alerte sur l’urgence de la situation.
« Il est urgent que les autorités interviennent pour éviter que cette crise ne s’aggrave », insiste‑t‑il.
Selon les grévistes, plusieurs tentatives de négociation seraient restées sans suite. Face à l’impasse, la COSYGA et la FOI ont convoqué une réunion d’urgence avec l’administration afin d’obtenir des garanties sur le paiement des arriérés et un plan de stabilisation durable.
Au‑delà de la crise immédiate, cette grève pose une question fondamentale : comment un hôpital aussi emblématique peut‑il se retrouver dans une telle situation en 2026.
Pour de nombreux observateurs, il est impératif que l’État renforce son implication dans la gestion, le financement et le suivi des établissements publics. L’Hôpital Albert‑Schweitzer ne peut plus être au cœur de crises répétitives qui fragilisent la santé des populations et démoralisent les professionnels.
La grève du personnel de l’Hôpital Albert‑Schweitzer illimitée est un signal fort. Elle rappelle que la santé publique ne peut fonctionner sans stabilité administrative, sans respect des droits des travailleurs et sans une vision claire de la part des autorités.
À Lambaréné, le personnel attend désormais des actes concrets. Les patients, eux, espèrent un retour rapide à la normale dans un hôpital qui a longtemps été un modèle et qui doit le redevenir.


























