Trois jours avant les célébrations de l’indépendance, le dossier du monument Damas Aléka connaît un tournant. L’architecte Erick Mauro Nguémah a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 14 août. La procédure s’appuie sur l’article 379 du Code pénal gabonais. Ce texte concerne l’inexécution des marchés publics. Pendant ce temps, le chantier avance à un rythme soutenu.
Ce vendredi, le tribunal de Libreville a tranché le sort de l’architecte. Après plusieurs heures d’audition, sa garde à vue a débouché sur un mandat de dépôt. Il passe donc sa première nuit en détention. Média Afrique News a rapporté l’information en premier. Plusieurs sources judiciaires ont ensuite confirmé la nouvelle. Des avocats et journalistes spécialisés figurent parmi elles.
Cette décision survient trois semaines après l’interpellation initiale. L’architecte avait été conduit le 27 juillet à la Direction générale des recherches. Il y avait alors passé plusieurs nuits. Des proches du dossier évoquaient à l’époque une simple instruction. Une issue rapide semblait alors envisageable.
L’article 379 du Code pénal
L’inculpation repose sur l’article 379 du Code pénal gabonais. Ce texte figure au chapitre consacré aux marchés publics. Il vise les dirigeants ayant perçu un paiement sans exécuter les travaux. La peine encourue atteint sept ans d’emprisonnement. Une amende de 20 millions de francs peut également s’appliquer. Par ailleurs, un volet financier distinct existe. L’entreprise concernée peut devoir rembourser les sommes perçues. Cette obligation s’ajoute aux peines complémentaires prévues par l’article 26. Des dommages-intérêts civils restent également possibles. Le dispositif protège ainsi les fonds publics engagés.
Le chantier progresse malgré tout
Sur l’esplanade, l’ambiance contraste avec le climat judiciaire. Un groupement d’entreprises a repris les travaux en urgence. Cette mobilisation n’est pas liée à l’architecte inculpé. Interrogé par l’influenceur Yannick Ndong Mba, le conducteur des travaux a confirmé l’avancée. L’édifice de 40 mètres devrait être prêt le 16 août. Ce calendrier serré illustre l’ampleur du travail restant. Trois années de chantier n’avaient pourtant pas suffi à l’achever.
Un dossier déjà marqué par la controverse
L’affaire n’en est pas à son premier rebondissement. Début juillet, un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes avait fait polémique. Le document évoquait des décisions présidentielles contestées. Budget réduit, délais compressés, modifications imposées : les critiques étaient nombreuses. Le Conseil national de l’Ordre avait alors dénoncé des propos jugés excessifs. Le mandat de dépôt ouvre désormais une nouvelle phase. Judiciaire cette fois, elle s’ajoute à un contexte déjà tendu. Pression politique, urgence calendaire et zones d’ombre s’y mêlent encore.










































