Le 13 avril 2025, trois circonscriptions canadiennes étaient appelées aux urnes en Ontario et au Québec. Le Parti libéral de Mark Carney en a remporté deux à Toronto dès la soirée électorale, tandis que les résultats de la troisième, Terrebonne, au Québec, étaient attendus le lendemain.
Ces victoires sont loin d’être anodines : elles offrent au gouvernement Carney la majorité absolue au Parlement, une position que les libéraux n’avaient plus occupée depuis le premier mandat de Justin Trudeau, entre 2015 et 2019. Concrètement, l’exécutif est désormais protégé de toute motion de censure jusqu’en 2029.
Mark Carney, Un premier ministre qui rassemble dans la tempête
Élu l’an dernier dans un contexte de forte anxiété économique et géopolitique, Mark Carney avait surpris en arrivant au pouvoir sans majorité absolue. L’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre avait néanmoins su capter la confiance d’une population fragilisée par les ambitions annexionnistes de Donald Trump, qui n’a jamais caché vouloir faire du Canada le 51ᵉ État américain.
Depuis son élection, il a multiplié les initiatives : augmentation significative du budget de défense nationale, missions commerciales en Asie et en Europe pour diversifier les partenariats économiques, et désormais, des ralliements spectaculaires de quatre élus conservateurs et d’une députée du NPD à sa cause. Un sondage Nanos publié ce mois-ci lui accorde la préférence de 54 % des Canadiens, contre seulement 23 % pour son rival conservateur Pierre Poilievre.
Une économie sous pression américaine
Si la dynamique politique est favorable, le contexte économique reste préoccupant. Les droits de douane imposés par l’administration Trump sur l’acier, l’aluminium et l’automobile ont ralenti l’activité. Sans tomber en récession, le Canada a enregistré des destructions d’emplois dans les secteurs exposés et un taux de chômage établi à 6,7 % en mars.
La politologue Geneviève Tellier, de l’Université d’Ottawa, souligne que Carney a su transformer cette pression extérieure en levier de rassemblement, en insistant sur le caractère historique du moment. Une stratégie qui, pour l’heure, semble porter ses fruits.
Le pouvoir d’achat, véritable épée de Damoclès
Malgré cette dynamique positive, une menace intérieure plane sur le gouvernement : la question du coût de la vie. Selon l’institut Angus Reid, plus de 40 % des Canadiens déclarent subir une pression financière moyenne à élevée, notamment sur l’alimentation et l’endettement des ménages. Ces inquiétudes sont particulièrement vives chez les foyers à revenus modestes.
Mark Carney dispose aujourd’hui d’un mandat politique renforcé. Il lui reste à convaincre les Canadiens que sa vision, un pays plus souverain, moins dépendant des États-Unis, se traduira concrètement dans leur quotidien. L’équation est ambitieuse, mais le calendrier est désormais en sa faveur.


























