Face à une pression persistante sur le pouvoir d’achat, le gouvernement gabonais a franchi un cap décisif samedi 25 avril 2026. Le lancement du Méga Marché de la Centrale d’Achat du Gabon, sur l’esplanade du stade d’Angondjé à Libreville, a mobilisé des milliers de consommateurs, révélant l’urgence d’une réforme structurelle des prix.
Un afflux massif révélateur d’une crise du pouvoir d’achat
Dès l’ouverture des portes, des milliers de Gabonais ont convergé vers le site, attirés par une promesse simple : des produits essentiels à tarifs réduits. Riz, viande, huile, conserves et articles d’hygiène étaient proposés à des prix sensiblement inférieurs à ceux du commerce traditionnel. À titre d’exemple, un sac de riz de 44 kg s’affichait à 20 000 FCFA, contre 25 000 FCFA en moyenne ailleurs. Cet engouement populaire immédiat est révélateur : il confirme l’intensité des tensions sociales liées au coût de la vie, désormais au cœur des préoccupations des ménages gabonais.
Une réforme structurelle, pas une opération ponctuelle
Portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et pilotée par le ministère de l’Économie sous la conduite de Thierry Minko, la Centrale d’Achat du Gabon dépasse le cadre d’une simple action commerciale. Elle s’inscrit dans une refonte profonde de la chaîne d’approvisionnement nationale : importation, stockage, distribution et contrôle qualité sont désormais sous supervision directe de l’État. L’objectif est clair — briser les mécanismes spéculatifs et rendre les produits de première nécessité durablement accessibles, là où les politiques précédentes se limitaient souvent à des mesures correctives sans lendemain.
Chiffre clé
Un sac de riz de 44 kg à 20 000 FCFA contre 25 000 FCFA sur le marché classique, soit une économie de 20 % pour le consommateur.
Un maillage national en préparation pour égaliser les prix
Le gouvernement ne compte pas s’arrêter à Angondjé. Un réseau de points de vente labellisés « Centrale d’Achat » est en cours de déploiement dans tout le Grand Libreville, avant une extension progressive aux autres provinces. Chaque site devra proposer les mêmes produits aux mêmes prix, posant les bases d’une égalité territoriale face au coût de la vie. Un dispositif de contrôle et de transparence accompagnera ce déploiement pour éviter toute dérive tarifaire.
Le vrai test : tenir la promesse dans la durée
L’adhésion populaire du lancement est indéniable, mais elle crée aussi une exigence nouvelle. La crédibilité de la Centrale d’Achat se mesurera à sa capacité à maintenir disponibilité, qualité et niveaux de prix face aux aléas du marché international et aux réalités logistiques locales. En intervenant directement dans les circuits économiques, l’État gabonais prend un risque calculé mais assume une ligne politique claire : faire de la régulation publique un levier actif de justice sociale. Le Méga Marché n’a pas seulement vendu des denrées à prix réduit — il a mis en circulation une promesse. Et désormais, c’est la constance de l’action qui sera jugée.


























