Libreville – Ce lundi 17 novembre 2025, la Cour a rendu son verdict dans l’affaire dite des « Bongo-Valentin », une décision attendue avec ferveur par les Gabonais et l’opinion publique, avides de justice face aux accusations de détournement massif des finances publiques. Si des condamnations ont été prononcées, le sentiment dominant qui émerge est celui d’une profonde déception face à des peines jugées trop légères au regard de la gravité des faits reprochés dans ce dossier Bongo-Valentin.
Les montants des réparations financières, bien que conséquents pour certains, ne semblent pas à la hauteur des sommes colossales qui auraient été dilapidées. Les peines de prison, notamment celles assorties de sursis, et les amendes, pour plusieurs prévenus, ont alimenté un sentiment d’impunité. L’acquittement de Steeve Nzegho DIEKO, bien que basé sur une décision judiciaire, a également surpris, alors que les accusations de blanchiment d’argent pesaient lourdement.
La clémence apparente envers certains acteurs majeurs, comme Gisèle Mombo avec 26 mois de prison et une amende de 5 millions, ou encore les peines de 15 ans dont 5 avec sursis pour Yann Ngoulou, Mohamed Aliou Saliou et Abdul Oceni, contraste vivement avec l’ampleur des sommes confisquées, qui avoisinent plusieurs milliards pour certains. La confiscation des comptes et des biens immobiliers constitue un élément fort du jugement, mais ne suffit pas à apaiser la colère d’une partie de la population qui espérait une sanction exemplaire dans le cadre du procès Bongo-Valentin.
L’opinion publique, qui avait suivi avec attention les audiences et les révélations sur les pratiques financières présumées, exprime aujourd’hui sa frustration. Le sentiment est partagé que la justice, bien qu’ayant rendu un verdict, n’aurait pas pleinement répondu aux attentes de transparence et de reddition de comptes. Les questions sur la véritable portée de ces sanctions et leur impact dissuasif sur de futurs agissements similaires demeurent entières.
Alors que les biens et comptes gelés seront confisqués, l’écho de ce jugement résonne comme un signal mitigé. Il souligne la complexité de la justice face aux crimes financiers de grande envergure, mais laisse surtout un goût amer d’inachevé pour ceux qui aspiraient à une démonstration de force de l’État de droit.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























