Libreville, le 19 novembre 2025— La modernisation de l’administration via la digitalisation de la Fonction publique gabonaise revient avec insistance dans le débat public, portée cette fois par un constat devenu difficile à ignorer : l’absence de numérisation fragilise la gestion des ressources humaines, obscurcit les flux financiers et entretient un désordre structurel qui ralentit l’État.
Plusieurs spécialistes estiment que la digitalisation de la Fonction Publique, et, par extension, du secteur privé, constitue aujourd’hui une urgence nationale. Parmi les voix qui émergent, celle de Christine Baguela épouse Soro, experte reconnue du numérique, est régulièrement citée comme une solution crédible. Son expertise, couplée à une réputation d’intégrité solide, en fait pour certains un profil capable d’apporter des réponses concrètes à un défi devenu systémique.
Le diagnostic est sans appel. L’administration fonctionne encore sur des logiques héritées d’une époque où le papier était roi et où la circulation de l’information dépendait de couloirs encombrés plutôt que de systèmes intégrés. L’absence de bases de données fiables sur les effectifs, les carrières ou les dépenses publiques ouvre la porte à des dérives multiples : doublons, fictifs, lenteurs chroniques, et surtout opacité. Plusieurs observateurs parlent d’un pilotage “à l’aveugle”, incompatible avec les standards modernes de gouvernance.
Dans ce contexte, les appels à un sursaut technologique se multiplient. Les citoyens, qui n’hésitent plus à interpeller directement les autorités via les réseaux sociaux, espèrent un engagement décisif du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le chef de l’État, régulièrement alerté en ligne des dysfonctionnements administratifs, est désormais placé face à une question claire : le gouvernement osera-t-il enclencher une réforme numérique d’envergure, capable de réorganiser et de sécuriser le fonctionnement de l’administration publique ?
La digitalisation de la Fonction publique ne se limite pas à un effet de modernité. Elle conditionne désormais la traçabilité, l’efficacité et la lutte contre la corruption. Pour de nombreux analystes, elle représente la charnière indispensable entre l’État du passé et l’État performant que les Gabonais appellent de leurs vœux.
L’enjeu ne se situe plus dans le “si”, mais dans le “quand” et le “avec qui”. La balle est désormais dans le camp du pouvoir exécutif, à qui il revient de transformer une aspiration collective en décision politique. Au cœur de cette attente, une certitude : le Gabon ne pourra durablement avancer sans une administration enfin entrée dans l’ère numérique.
Comme le dit un adage a Lambaréné « Là où la trace disparaît, le désordre prospère. »
Par Darlyck Ornel Angwe


























