Alain-Claude Bilie By Nze, dernier Premier ministre sous Ali Bongo, marque son retour sur la scène politique à travers son livre » Awu m’awu: Oser l’espérance pour un nouveau Gabon ». Invité de TV5 Monde le 13 septembre 2024, Alain-Claude Bilie By Nze, y dévoile ses critiques à l’encontre de la transition dirigée par le général Oligui Nguema, tout en proposant des pistes pour l’avenir du Gabon. Cette prise de parole, perçue par certains comme un tremplin pour la présidentielle de 2025, soulève des interrogations sur ses ambitions.
Dans son ouvrage, Bilie By Nze fait un clin d’œil à ses racines fang et à sa défunte mère, qui l’a élevé dans le respect des valeurs gabonaises. Il confie : « Ce livre est un témoin de mon engagement et de ce que nous avons fait pour le Gabon. » En abordant les 14 ans de présidence d’Ali Bongo, il ne cherche pas à nier les erreurs, mais à rappeler les accomplissements. Pour lui, la gouvernance passée n’était pas totalement négative, contrairement au « tableau qu’on tente d’en faire ». Ce livre est aussi une manière de « témoigner de mon parcours politique et citoyen », dit-il, réaffirmant sa volonté de faire avancer le Gabon.
Bilie By Nze propose une nouvelle vision pour le Gabon, en invitant à un débat de fond sur les projets de société plutôt que sur des conflits de personnes. Selon lui, l’avenir du pays ne doit pas se réduire à une simple alternance politique : « Il est utile de proposer d’autres voies pour que le débat ne soit pas heurté sur les questions de personnes, mais qu’on parle enfin projet pour le Gabon. » À ce titre, il déplore que les militaires aient pris le pouvoir, estimant que ce coup d’État est « d’abord un coup contre la démocratie et l’alternance ». En effet, il considère que les résultats des élections n’ont pas été respectés et que le vainqueur légitime n’a jamais été désigné.
Les critiques de Bilie By Nze envers le régime de transition ne s’arrêtent pas là. Il affirme que les militaires n’ont plus l’intention de rendre le pouvoir aux civils : « Tout se déroule comme s’ils avaient envie de s’accrocher. » Bilie By Nze pointe également du doigt le projet constitutionnel en discussion, qualifié de « liberticide et fondé sur l’exclusion ». Selon lui, la Constitution doit « rassembler, et non diviser » un pays multiculturel comme le Gabon. La clause imposant que le président soit « gabonais de père et de mère » et d’autres restrictions seraient des germes de division.
Il appelle à une réforme plus inclusive, soulignant que « le Gabon a besoin d’un projet qui rassemble ses enfants, qui les mette au travail, et qui soit à l’écoute des jeunes et des femmes ». Il est également critique vis-à-vis de l’intégration des anciens du Parti Démocratique Gabonais (PDG) dans le gouvernement de transition : « Comment peut-on reconstruire le pays avec ceux qui, hier, ont échoué ? »
Face à ceux qui l’accusent de vouloir redorer son blason en vue de la présidentielle de 2025, Bilie By Nze répond que sa démarche est sincère : « Les valeurs que je porte sont des valeurs d’engagement, je ne suis pas dans la tromperie. » Il rejette l’idée d’une stratégie purement politique, affirmant que son projet est un projet de société, une alternative à « l’autocratie en train de se mettre en place ».
Quant à ses ambitions pour la présidentielle, il est clair : « Chaque chose en son temps. » Pour l’heure, son objectif est de s’opposer à la nouvelle Constitution qui, selon lui, instaurerait une société de classes différenciées au Gabon.


























