Le 17 juin 2025 restera comme une date charnière, un moment où les consciences se sont élevées au rang des responsabilités, un souffle nouveau porté par l’UNICEF, le CAPEDS et le groupe ARISE, unis dans un même élan d’humanité pour la cause la plus noble qui soit : celle des enfants oubliés, blessés, brisés par la vie, mais désormais replacés au cœur des priorités nationales. Ce jour-là, au terme d’une cérémonie solennelle et pleine de promesses, un mémorandum d’entente a été signé, scellant une alliance stratégique entre l’expertise humanitaire internationale, la technicité sociale nationale et la puissance économique privée. Une synergie d’exception, au service d’une cause vitale : la protection intégrale des enfants vulnérables, en particulier ceux hébergés dans les institutions spécialisées.
Dans ce partenariat à haute intensité sociale, le CAPEDS, centre de référence depuis les années 1990, se révèle une fois de plus comme le pivot de la prise en charge des enfances meurtries. Plus qu’un centre, il est un refuge, un bastion, une sentinelle des douleurs muettes et des espoirs tenaces. À travers cette collaboration, 80 professionnels – travailleurs et para-travailleurs sociaux – seront formés avec rigueur et sensibilité, afin de renforcer leurs compétences juridiques, techniques, humaines. Leur mission ne sera pas simplement d’assister, mais d’élever. Non pas encadrer, mais accompagner. Non pas gérer, mais guérir. Car chaque enfant mérite une réponse d’excellence, à la hauteur de son traumatisme, et à la mesure de sa dignité.
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Dans cette architecture de rédemption, le Groupe ARISE surgit avec force et générosité comme un bâtisseur de justice sociale. Connu pour ses projets industriels, logistiques et portuaires d’envergure à travers le continent, ARISE démontre qu’on peut être un géant économique et garder une âme. Par le biais de ses entités – GSEZ Airport (ADL), Owendo Mineral Port (OMP), New Owendo International Port (NOIP) et la Zone Économique Spéciale de Nkok (ZES Nkok) – le groupe apporte bien plus qu’un appui : il insuffle une dynamique, une responsabilité, une ambition. Il rappelle que l’économie, sans conscience, n’est qu’un désert ; mais que lorsqu’elle se lie au social, elle devient une oasis pour les sans-voix.
L’émotion a atteint son zénith lors de la prestation théâtrale bouleversante offerte par les enfants eux-mêmes, en mémoire des événements du 16 juin 1976 en Afrique du Sud. Sur scène, les corps frêles mais les âmes puissantes ont donné chair à l’histoire. Leur jeu, à la fois douloureux et porteur d’espoir, a réveillé les cœurs engourdis et donné sens à cette journée. Ces enfants ont raconté ce que tant d’autres taisent. Ils ont incarné, l’espace d’un instant, tous les enfants d’Afrique qui crient en silence.
Puis les voix des adultes ont pris le relais. Rosette Oboe Nze épouse Nguema, directrice du CAPEDS, s’est levée avec la stature des bâtisseurs pour affirmer : « Nous devons être le rempart entre l’enfant et l’abandon. Nous devons être l’aube après la nuit. » Sa voix, grave mais douce, a posé les fondations d’une promesse collective. Le représentant du Groupe ARISE a, à son tour, rappelé avec justesse : « À l’approche de la Journée de l’Enfant Africain, il ne s’agit plus de compatir. Il s’agit d’agir, de bâtir, de transformer. »
Puis, dans un souffle puissant, Dr Marie-Reine Chirezi Fabry, représentante de l’UNICEF, a livré un message vibrant : « Nous sommes réunis ici non pour nous satisfaire de belles intentions, mais pour lancer une dynamique durable. Ce partenariat est une graine, mais c’est à nous d’en faire un arbre. » Elle a souligné l’urgence d’élargir le modèle du CAPEDS à tout le territoire gabonais, là où les pleurs des enfants restent sans réponse. Enfin, M. Sylvain OKE EBE, représentant du Ministre des Affaires Sociales, a clos la cérémonie avec une parole forte, empreinte de gratitude et d’engagement : « Le gouvernement est debout, aux côtés de ses enfants. Ce partenariat est le début d’une marche vers une société plus juste, plus tendre, plus humaine. »
Mais au-delà des mots, les chiffres glaçants sont venus rappeler l’urgence : 77 % des enfants subissent des violences physiques, psychologiques ou sexuelles ; 8 % des jeunes adultes disent avoir été victimes de violences sexuelles avant 18 ans ; 62 % des enfants ne bénéficient d’aucune protection sociale ; 80 % vivent au moins une forme de privation. Ces données ne sont pas des statistiques. Ce sont des vies mutilées. Des enfances défigurées. Des avenirs en pointillés. Elles imposent une réaction, un sursaut, une révolution morale.
Alors que l’encre du mémorandum sèche, les regards se tournent vers demain. Un demain où chaque enfant comptera. Un demain où les blessures seront soignées. Un demain où les institutions ne seront plus des refuges d’urgence, mais des tremplins de vie.
Et pour ceux qu’on appelle “enfants défavorisés”, cette journée leur adresse un message fort, lumineux, irréversible :
Vous avez connu l’ombre, mais désormais, vous êtes la lumière. Vos larmes ne sont pas perdues ; elles arrosent le sol d’un avenir que nous construisons ensemble. Le monde vous doit plus que des discours, il vous doit des actes. Et aujourd’hui, il a commencé à payer sa dette.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire


























