Libreville, 8 avril 2026 – La première journée des ateliers techniques consacrés à l’élaboration de produits financiers adaptés à la filière avicole a permis de dresser un état des lieux précis des besoins du secteur, tant sur le plan de la structuration que de l’accompagnement financier, a constaté l’Agence gabonaise de presse (AGP). Cette initiative, portée par les autorités en collaboration avec les acteurs privés, vise à rapprocher les attentes des producteurs avicoles et les solutions proposées par les institutions financières, afin de renforcer la résilience et la compétitivité de la filière sur l’ensemble du territoire national.
Une filière avicole en quête de structuration et de financement
Les producteurs présents ont fait part de besoins importants liés à l’organisation et à l’accès au financement. « Nous avons des attentes en matière de structuration, d’accompagnement financier et de formalisation des organisations », a indiqué Amélie Medza, membre de la Plateforme nationale des coopératives. Selon elle, le développement durable de la filière avicole nécessite des instruments financiers adaptés, capables de répondre aux spécificités du cycle d’exploitation et de sécuriser les investissements des acteurs locaux.
Les discussions ont également permis de mettre en lumière la nécessité d’une meilleure organisation des coopératives et groupements d’intérêt avicole, afin de faciliter l’accès aux crédits, aux assurances et aux subventions. Les participants ont souligné que des mécanismes de suivi et d’accompagnement personnalisés seraient essentiels pour garantir l’efficacité des financements et assurer une utilisation optimale des ressources disponibles.
Les institutions financières face à un déficit d’information
Du côté des banques et compagnies d’assurances, les échanges ont révélé un déficit notable de connaissance du secteur. « La première journée de cet atelier a mis en évidence plusieurs points, notamment la méconnaissance du cycle d’exploitation par les acteurs financiers », a expliqué Prisca Ikapi, responsable d’exploitation à la Société de Garantie du Gabon. Ce manque de compréhension limite la capacité des institutions à concevoir des produits financiers pertinents, adaptés aux risques et aux besoins spécifiques des éleveurs, et constitue un frein majeur au développement de la filière.
Cette lacune souligne l’importance de programmes de sensibilisation et de formation ciblés pour les banques et compagnies d’assurances, afin de renforcer leur connaissance des activités avicoles, des cycles de production et des contraintes propres aux exploitations locales.
Un dialogue constructif entre acteurs
Les représentants de la filière ont confirmé ce constat. « Au sortir de cette première journée, nous avons constaté que le secteur bancaire ne connaissait pas suffisamment le secteur de l’élevage », a affirmé Wenceslas Mamboundou, du Groupement d’Intérêt Avicole. Les ateliers ont constitué un cadre privilégié pour un dialogue direct entre producteurs, banques et compagnies d’assurances, visant à rapprocher les besoins du terrain et les offres financières existantes.
Les échanges ont porté sur la formalisation des coopératives, la sécurisation des crédits, la réduction des risques pour les acteurs financiers, ainsi que la création de produits innovants et adaptés aux spécificités du secteur. Les participants ont insisté sur la nécessité de dispositifs financiers incluant des assurances, des garanties et des programmes de soutien technique, afin de rendre la filière plus attractive pour les investisseurs et d’encourager un développement durable et structuré.
Au terme de cette première journée, il apparaît clairement que la réussite de la filière avicole dépendra de la mise en place d’une collaboration étroite entre acteurs financiers et producteurs. Les ateliers se poursuivront dans les prochains jours, avec pour objectif de définir des instruments financiers sur mesure et de renforcer l’accompagnement technique, afin de permettre à la filière avicole gabonaise de se développer dans un cadre sécurisé, efficient et durable.


























