Au cours de la Africa Energy Week organisée du 29 septembre au 4 octobre à Cape Town, le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, a livré un discours stratégique devant les investisseurs et les grandes compagnies internationales. Fidèle aux instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, il a appelé à un « renouveau énergétique » reposant sur l’exploration de l’offshore profond et très profond.
D’entrée de jeu, le ministre a rappelé l’importance du secteur dans l’économie nationale : « Le pétrole constitue la principale ressource budgétaire de l’État gabonais et représente plus de 45 % du PIB. » Mais il a aussitôt souligné une réalité inquiétante : « Depuis la fin des années 1990, nous assistons à un déclin continu de la production, faute de découvertes majeures. »
Face à cette situation, Libreville affiche une volonté ferme : « La maturité de nos champs est une situation préoccupante qui appelle des initiatives fortes et courageuses pour attirer de nouveaux investisseurs. » Dans le même souffle, le ministre a précisé que le gouvernement entend créer un cadre incitatif. « Nous allons mettre en place des mécanismes adaptés visant à apporter de la production additionnelle et à renouveler les réserves par l’intensification de l’exploration », a-t-il indiqué.
Le Gabon fonde désormais ses espoirs sur son bassin offshore, largement sous-exploré. « Les découvertes récentes dans notre offshore peu profond et très profond révèlent un potentiel considérable », a-t-il rappelé, citant Bourdon DBM-1 (huile, 2025), Diaman (gaz et condensat, 2013), Leopard-1B (2014), ainsi que les gisements Ivela-1 et Boudji-1 et 2.
Cette orientation stratégique s’appuie sur un parallèle géologique prometteur : « Le Gabon est doté d’une géologie analogue aux grands bassins pétroliers du Brésil et de l’Angola, où d’immenses découvertes ont été réalisées. » Ainsi, la priorité est claire : « Je vous invite à investir dans l’exploration de notre bassin sédimentaire. »
Le cadre légal est en pleine mutation. « Le Code des Hydrocarbures de 2019 sera remplacé par deux textes distincts, l’un pour le pétrole, l’autre pour le gaz, afin de mieux répondre aux engagements du Gabon en matière d’énergies propres », a-t-il annoncé. Autre mesure phare : « La suppression des bonus de signature pour les projets en offshore profond et très profond, combinée à une fiscalité adaptée au risque, renforcera l’attractivité du secteur. »
Les pourparlers sont déjà ouverts : « Nous avons entrepris à Libreville des discussions avec de grandes sociétés pétrolières et nous espérons signer très prochainement les premiers contrats d’exploration et de production. » L’objectif, dicté par la présidence, reste sans ambiguïté : « Augmenter rapidement la production nationale pour contribuer à la relance de l’économie et à l’amélioration du bien-être des populations. »
En définitive, Sosthène Nguema Nguema a insisté sur la crédibilité de son pays : « Le Gabon de la Vᵉ République se veut une terre d’investissement, un acteur transparent et stable pour assurer la sécurité de vos projets. »


























