À Mayumba, les urnes ont livré leur verdict avec éclat : Zora Kassa, épouse Nzigou, a raflé 63,86 % des suffrages, offrant à l’UDB son meilleur score communal. Un triomphe net, franc, qui ne souffre d’aucune contestation. Mais voilà que ce résultat, aussi limpide qu’un soleil de midi, jette une ombre sur les discours tapageurs d’Anges Kevin Nzigou.
Car la question est simple, presque enfantine : s’il s’agit d’une “mascarade électorale” comme Anges Kevin Nzigou aime à le répéter, n’aurait-il pas dû commencer par décrédibiliser la victoire de sa propre épouse ? Autrement, comment expliquer ce silence complice ? Pourquoi, soudain, les tambours de l’indignation se taisent-ils quand la trompette de la victoire résonne sous son toit ?
C’est là toute l’illustration d’une indignation à géométrie variable. Quand la défaite frappe, l’élection devient un cirque grotesque, un théâtre d’ombres. Mais quand la victoire sourit à la maison, l’urne se transforme en reliquaire sacré, digne de louanges. Deux poids, deux mesures : une balance pipée où le plateau des intérêts personnels pèse toujours plus lourd.
Hier encore, souvenons-nous, Anges Kevin Nzigou, alors secrétaire général du RDB, claironnait la fiabilité du processus électoral. Comme un coq juché sur son tas de fumier, il chantait la victoire du référendum, célébrait la solidité des institutions, vantait la transition comme une “renaissance démocratique”. Mais c’était avant. Avant que les cendres de ses ambitions ne lui collent aux doigts, avant que ses illusions politiques ne s’effondrent comme un château de cartes sous la pluie.
Aujourd’hui, le même homme, incapable de faire élire trois députés ou même cinq conseillers municipaux, s’érige en prophète de la mascarade. Ses cris de loup affamé n’émeuvent plus personne, car le masque est tombé : sa voix ne résonne que sur Facebook, mais reste muette dans les urnes.
Ironie du sort, il a lui-même défendu bec et ongles, sur les plateaux télévisés, les dispositions référendaires qui scellent aujourd’hui le sort de son parti. L’UDB, faute d’atteindre le seuil légal, devra plier bagage. “Dura lex, sed lex” : la loi est dure, mais c’est la loi. Et nul, surtout pas un avocat de formation, ne peut l’ignorer.
La vérité est nue : Anges Kevin Nzigou est un soldat sans armée, un général sans troupe, un bateleur dont les paroles résonnent plus fort que les actes. Il n’a jamais gagné une seule bataille électorale. Pas même celle – pour reprendre la moquerie des observateurs – de “chef de classe”. Et pourtant, il continue d’agiter le chiffon rouge de la fraude, hier en marge du pouvoir, aujourd’hui au cœur même de ses arcanes.
Alors, de qui se moque-t-on ? Les citoyens ne sont pas dupes : l’indignation sélective est un poison, et les Gabonais savent reconnaître la sincérité des combattants des simples cabotinages d’acteurs politiques en mal de scène.
Le peuple, lui, attend des hommes et des femmes de conviction, pas des équilibristes qui dénoncent d’une main ce qu’ils applaudissent de l’autre.
Par Darlyck Ornel Angwe


























