Le procès très attendu de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, prévu du 10 au 14 novembre à Libreville, prend une tournure controversée. Les deux principaux accusés, actuellement en liberté provisoire à Londres, ont annoncé qu’ils ne se rendraient pas au Gabon pour comparaître, malgré leur demande initiale de report. Une décision qui soulève des interrogations sur leur volonté réelle de coopérer avec la justice gabonaise.
Une affaire emblématique du post-Bongo
Inculpés dans le sillage du coup d’État militaire du 30 août 2023, Sylvia Bongo et Noureddin Bongo sont poursuivis pour une série de délits graves : détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, corruption, faux et usage de faux, et association de malfaiteurs. Ce procès est perçu comme un symbole de la rupture avec les pratiques du régime déchu et un test de crédibilité pour les institutions judiciaires du pays.
Leur défense sera assurée par des avocats britanniques du cabinet Mishcon de Reya, qui ont officiellement notifié leur absence aux autorités gabonaises. Ces derniers devraient suivre les audiences à distance, en coordination avec les avocats locaux. Ce choix stratégique, bien que légalement possible, est interprété par certains comme une tentative d’évitement.
L’annonce de leur non-comparution a provoqué une onde de choc à Libreville. De nombreux citoyens et observateurs dénoncent une justice à deux vitesses, alors que plusieurs coaccusés sont toujours incarcérés à la prison centrale. L’absence des principaux protagonistes pourrait affaiblir la portée symbolique du procès et nourrir un sentiment d’impunité.
Ce refus de comparaître au procès par les Bongo met à l’épreuve la capacité de l’appareil judiciaire gabonais à faire respecter ses décisions, y compris face à des figures influentes. Il pose également la question de la coopération judiciaire internationale et de la portée réelle des mandats de comparution dans un contexte post-coup d’État.











































