New York, ONU le 01 octobre 1025.– Le Gabon, en partenariat avec l’Allemagne, a lancé un appel mondial urgent auprès des nations unies afin de classer le trafic d’espèces sauvages parmi les « crimes graves » en droit international.
Ce marché illégal, estimé à 23 milliards de dollars par an, représente l’un des trafics les plus lucratifs au monde, après ceux de la drogue, des armes et des êtres humains. Ses impacts vont bien au-delà de la seule biodiversité : il alimente la corruption, fragilise les institutions, finance des réseaux criminels et accélère l’extinction d’espèces emblématiques telles que l’éléphant, le pangolin ou le rhinocéros.
Selon le Gabon et l’Allemagne, le trafic de faune et de flore ne constitue pas seulement une menace écologique, mais un véritable problème de sécurité internationale. En exploitant les failles juridiques et la faiblesse de certaines institutions, les réseaux criminels organisés utilisent ce commerce pour blanchir de l’argent et financer d’autres activités illicites.
« Nous devons traiter le trafic d’espèces sauvages avec la même fermeté que les autres crimes transnationaux. Il ne s’agit pas seulement de protéger la nature, mais aussi de défendre la sécurité, la justice et la stabilité des États », a rappelé la délégation gabonaise.
Concrètement, Libreville et Berlin militent pour intégrer ce trafic au champ d’application de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (UNTOC), dont la révision est prévue en 2026. Cette évolution permettrait :
d’harmoniser les peines à l’échelle mondiale,
de faciliter les extraditions,
de renforcer la coopération judiciaire et policière,
et d’accroître les moyens de lutte, notamment par la traçabilité et les nouvelles technologies.
Le Gabon, déjà reconnu comme un acteur majeur de la conservation en Afrique centrale, prévoit d’accueillir en 2027 une conférence internationale à Libreville pour coordonner les actions contre ce fléau.
Alors que certaines populations animales sont déjà au bord de l’extinction, l’appel du Gabon et de l’Allemagne se veut un cri d’alarme. « Le temps est compté. Chaque jour, des espèces disparaissent. Faire du trafic de faune un crime grave, c’est donner à la communauté internationale les outils nécessaires pour agir efficacement », ont insisté les deux pays.
Par Darlyck Ornel Angwe


























