Le 4 juin 2026, le Parc de la Lékédi a vibré au rythme d’une conviction partagée. Eramet Comilog et la Fondation Lékédi Biodiversité y ont tenu la 5ème édition de leur rendez-vous annuel dédié au vivant. Le thème choisi résume une ambition claire : « Biodiversité, levier de croissance au Gabon. » Près d’une centaine de participants ont répondu présent pour transformer cette idée en feuille de route concrète.
Gouverneur de province, élus locaux, scientifiques, experts environnementaux et partenaires techniques ont siégé côte à côte. Cette diversité d’acteurs illustre parfaitement la portée territoriale de l’événement. Bakoumba n’est plus seulement un site minier ; elle devient progressivement un laboratoire vivant du développement durable en Afrique centrale avec le Parc de la Lékédi.
Financement vert et capital naturel : les nouveaux piliers du territoire
La journée s’est ouverte sur une intervention décisive de Zita Kassa Wilks, représentante du Fonds CAFI-Gabon. Elle a cartographié les mécanismes de financement vert mobilisables pour valoriser le capital naturel gabonais. Son message central : la biodiversité n’est pas un frein au développement. C’est, au contraire, son carburant le plus durable et le plus rentable.
Deux tables rondes ont ensuite approfondi ces enjeux avec une précision scientifique remarquable. La première a démontré comment la réhabilitation écologique peut conjuguer restitution du capital naturel et création de valeur locale. La seconde, portée par le CIRAD et le CIRMF, a éclairé les liens entre gestion durable de la faune, prévention des zoonoses et santé des communautés forestières. Ces échanges confirment que la nature protégée protège aussi les hommes.
La jeunesse du Haut-Ogooué au cœur du futur écologique
Le moment le plus fort de la journée a appartenu à quarante jeunes du programme Gabon Green Generation by Lékédi. Accompagnés par WWF Gabon, ces élèves du Haut-Ogooué ont conçu un village écosystémique immersif autour de quatre univers : savane, forêt, milieux aquatiques et mangrove. Leur créativité a sensibilisé les participants à la fragilité des écosystèmes gabonais avec une puissance que nul discours n’aurait pu égaler.
En outre, la Fondation Lékédi forme déjà 2 400 jeunes aux métiers verts chaque année. Quatre clubs environnement actifs animent les établissements scolaires de la province. Ces chiffres révèlent une vision pédagogique cohérente : construire dès aujourd’hui les gardiens de demain. C’est précisément ce travail de fond qui distingue Lékédi de toutes les initiatives environnementales de la région.
Des voix qui portent : quand les élus rejoignent les scientifiques
Aubin Janvier Mabeka, Président du Conseil Départemental de Lékoko, a formulé avec éloquence l’enjeu central : « Protéger la biodiversité, c’est protéger nos capacités à nous développer sans hypothéquer l’avenir. C’est faire de la nature un actif économique et non une contrainte. » Ces mots résonnent comme un manifeste politique autant qu’un appel à l’action collective.
Dans le même esprit, Virginie de Chassey, Présidente du Conseil d’Administration de la Fondation, a réaffirmé la vision d’Eramet : « Concilier activité économique, préservation de la biodiversité, transmission des connaissances et développement des territoires. » Cette équation, la Fondation Lékédi la résout chaque jour depuis 2021 avec une efficacité prouvée.
La Fondation Lékédi : un modèle qui rayonne bien au-delà du Gabon
Depuis sa création, la Fondation Lékédi Biodiversité injecte plus de 10 millions FCFA mensuels dans l’économie agricole locale. Elle achète près de 100 tonnes de fruits et légumes auprès des producteurs locaux chaque année. Ses 45 collaborateurs permanents animent un écosystème humain unique. Ainsi, Bakoumba prouve qu’en Afrique centrale, conservation et prospérité ne s’opposent pas : elles se construisent ensemble, pierre après pierre, arbre après arbre.









































