Port-Gentil, Gabon – Une vague de mécontentement s’est emparée des agents du SAMU Social gabonais à Port-Gentil, qui ont déclenché une grève générale illimitée le 1er octobre 2025. Cette action, relayée par nos confrères de Gabonactu, vise à alerter l’opinion publique et les autorités sur les conditions de travail jugées inacceptables et la nécessité de réformes urgentes.
Le syndicat, regroupé au sein de la Confédération Syndicale Démocratique du Travail (CSDT), dénonce une précarité croissante qui affecte directement la qualité des services offerts à la population. Les revendications portent sur des points essentiels liés à la rémunération, aux infrastructures et aux droits sociaux.
Les agents du SAMU Social de Port-Gentil évoquent des salaires dérisoires, compris entre 120 000 et 150 000 FCFA, versés sous forme de forfaits sans bulletin de paie. Cette pratique rend impossible la bancarisation et prive les employés d’un accès normal à la couverture sociale. L’absence d’assurance maladie, des locaux vétustes et un matériel technique obsolète viennent aggraver ce climat déjà délétère.
Le délégué syndical Jean-Robert Boundzanga SAMU Social de Port-Gentil
a tenu à réfuter l’idée selon laquelle les agents seraient mieux rémunérés que les fonctionnaires. Il qualifie ces affirmations de « totalement fausses », dénonçant une situation « inacceptable et illégale ».
Les grévistes reprochent également à la direction générale d’avoir ignoré le cahier des charges déposé en juin 2024, malgré les multiples saisines adressées à la Primature de la Transition et aux ministères compétents. Ils accusent en outre l’administration de vouloir contourner l’article 385, alinéa 8, du Code du travail, qui interdit le remplacement numérique des agents en grève. Selon eux, l’envoi d’émissaires depuis Libreville pour suppléer leur absence constitue une véritable « torture morale et professionnelle ».
Face à cette impasse, le syndicat CSDT menace d’intensifier son mouvement. Parmi les mesures envisagées figurent la saisine d’un huissier, une action en justice, voire la fermeture pure et simple du SAMU Social gabonais si aucune solution concrète n’est trouvée. Jean-Robert Boundzanga insiste sur la volonté des agents d’instaurer un « vrai dialogue social » plutôt que de s’enfermer dans l’affrontement, tout en rappelant que la grève restera illimitée tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.
Cette crise appelle une intervention rapide des autorités afin de rétablir des conditions de travail dignes et garantir la continuité d’un service essentiel pour les populations de Port-Gentil.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























