Le paysage audiovisuel africain s’apprête à tourner une page majeure. Après plusieurs années de négociations discrètes, l’État gabonais est devenu l’unique propriétaire d’Africa N°1. Un accord conclu ce mardi 13 mai 2026 à Libreville avec la Libye met fin à près de deux décennies de cogestion complexe.
Une radio panafricaine née à Libreville en 1981
Fondée en 1981, Africa N°1 a incarné pendant des décennies un modèle de radio panafricaine. Elle mêlait information, culture et débats de société. Longtemps, elle fut l’une des voix les plus influentes du continent africain.
Mais l’entrée de la Libye au capital en 2007 avait profondément modifié son équilibre interne. Via le Libya Africa Portfolio, Tripoli était devenu actionnaire majoritaire avec 52 % des parts. Le Gabon, lui, conservait 35 % du capital.
Des années de blocages sur fond de crise libyenne
Cette configuration devait assurer un nouvel élan financier à la radio. panafricaine Elle s’est progressivement transformée en source de blocages persistants. La crise politique libyenne et les difficultés économiques ont paralysé la gouvernance commune.
Résultat : Africa N°1 a traversé de longues années de redressement judiciaire et de paralysie administrative. La radio, autrefois influente, s’est retrouvée affaiblie face à une concurrence régionale de plus en plus agressive.
Un tournant stratégique pour la souveraineté gabonaise
L’accord récemment conclu marque donc un tournant stratégique majeur. En rachetant les parts libyennes, le Gabon récupère la pleine maîtrise d’un outil médiatique historique. Les autorités le considèrent comme un élément de leur patrimoine national.
Pour le gouvernement, cette reprise intégrale dépasse un simple acte de souveraineté. Elle constitue aussi une opportunité de repositionner Africa N°1 dans un environnement médiatique profondément transformé par le numérique.
Une restructuration ambitieuse déjà envisagée
La radio nécessite désormais une restructuration ambitieuse et rapide. Selon plusieurs sources proches du dossier, le gouvernement envisage plusieurs chantiers simultanés. Une modernisation technique du siège de Libreville est prévue.
Une refonte éditoriale et une stratégie de reconquête de l’audience panafricaine sont également à l’étude. L’objectif affiché est clair : redonner à Africa N°1 une place centrale dans l’espace médiatique francophone. Podcast, diffusion en ligne et formats interactifs sont dans le viseur.
Un levier d’influence dans un contexte de souveraineté informationnelle
Au-delà de l’aspect économique, cette reprise soulève des enjeux politiques et symboliques forts. De nombreux États africains cherchent à renforcer leur souveraineté informationnelle. Contrôler Africa Numéro 1 apparaît dès lors comme un levier d’influence non négligeable.
Reste désormais à transformer cette acquisition de la radio panafricaine en véritable renaissance. Ce défi exigera vision, investissement et stabilité sur le long terme. L’avenir d’un symbole médiatique continental se joue aujourd’hui à Libreville.


























