La chambre d’accusation de Libreville a tranché ce mardi 12 mai 2026. Elle rendra sa décision vendredi prochain. En jeu : la liberté provisoire de l’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nzé. Ce dernier est actuellement incarcéré à la prison centrale de Libreville. Il fait face à des accusations d’escroquerie présumée.
L’audience de ce mardi portait sur les recours déposés par sa défense. Les avocats contestaient à la fois le mandat de dépôt et le rejet de la liberté provisoire. Après examen, la juridiction a mis sa décision en délibéré au 15 mai 2026.
Une défense déterminée à obtenir la libération
Quatre avocats assurent la défense de l’ancien chef du gouvernement. Gisèle Eyue Bekale, Jean-Paul Moubembe, Sarah Ognyane et Karelle Obame forment une équipe combative. Ensemble, ils contestent fermement les mesures judiciaires prises contre leur client. Leur objectif est clair : obtenir sa remise en liberté immédiate.
Sur le plan politique, le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG) se mobilise activement. Dans un communiqué publié après l’audience, la formation fondée par Bilie-By-Nzé exige sa libération
sans condition. Elle réclame une décision conforme au droit et aux principes d’un procès équitable.
Une arrestation musclée pour une affaire ancienne
L’interpellation de l’opposant a fait sensation. Des agents de la Direction générale des recherches (DGR) l’ont arrêté devant son domicile. L’opération s’est déroulée de manière brutale et sans préavis. Ce qui frappe davantage, c’est l’ancienneté des faits reprochés : ils remontent à 2008, soit il y a dix-sept ans.
Les faits : une contribution jamais remboursée
À l’époque, Bilie-By-Nzé siégeait au comité d’organisation de la fête nationale des cultures. Une certaine Baba Ramatou aurait versé 5 millions de FCFA à titre de contribution. En échange, elle attendait un remboursement conditionné au déblocage de fonds publics. Plusieurs cadres avaient également mis la main à la poche. Bilie-By-Nzé lui-même aurait contribué à hauteur de 3 millions de FCFA pour éviter l’annulation de l’événement.
Or, Baba Ramatou n’a jamais été remboursée. Des années plus tard, elle a saisi la justice. C’est cette plainte qui a déclenché la procédure ayant conduit à l’arrestation de l’ancien Premier ministre.
Un verdict aux enjeux politiques majeurs
Au-delà du dossier judiciaire, cette affaire prend une dimension politique évidente. Bilie-By-Nzé est une figure de l’opposition dans un Gabon à peine sorti d’une transition militaire. Sa détention suscite des interrogations sur l’indépendance de la justice. Vendredi 15 mai, la décision de la chambre d’accusation sera scrutée bien au-delà des prétoires.

























