Le mardi 30 septembre 2025, l’Observatoire chrétien pour la Paix (OCP) a livré sa déclaration préliminaire sur les élections législatives et locales du 27 septembre, par la voix du Révérend Prophète Max Alexandre Ngoua, coordinateur général, depuis Ozangue. L’exercice, solennel et scruté, avait l’allure d’un sermon où chaque mot pesait son poids de vérité.
Une mission au nom de la foi et de l’éthique
Conformément aux textes en vigueur, l’OCP a déployé une mission d’observation de long terme conduite par le commandant-aumônier Alain Roger Bambeda Boukomba. Forte de 176 membres issus des neuf provinces, cette mission rassemblait des « hommes d’Église crédibles » et des personnalités reconnues pour leur impartialité. L’objectif était limpide : « mener une évaluation indépendante et impartiale » des scrutins afin de dresser un tableau objectif, au prisme des standards démocratiques.
Ombres et lumières dans les bureaux de vote
Les observateurs de l’OCP ont visité 1 405 bureaux de vote à travers le pays. Premier constat : « des retards variables d’ouverture », souvent dus à l’acheminement tardif du matériel électoral. Dans certains cas, « l’absence remarquable des listes électorales » a troublé les opérations.
Cependant, le climat n’était pas délétère : « à l’extérieur des bureaux de vote visités, l’atmosphère était calme et pacifique ». Quelques colistiers ont tenté de convaincre des électeurs à la volée, mais la sécurité, jugée « professionnelle », a contenu toute dérive. Les observateurs notent que « 41 % du personnel électoral étaient des femmes », un signe encourageant de participation.

Les files d’attente, rares, étaient « constituées en majorité de jeunes et de femmes », symbole d’un souffle citoyen, même si le taux de participation est resté inférieur à celui de la présidentielle d’avril 2025.
Les irrégularités qui entachent
L’OCP ne s’est pas contenté de décrire les bons points. Des anomalies plus sombres se sont glissées dans le tableau. « Les isoloirs non conformes », les « bulletins détruits » à Essassa et Meyang, ou encore à Moabi et Dienga, marquent une entorse grave au processus.
Plus encore, certaines images frappent l’esprit : une « coupure d’électricité de plus de deux heures » plongeant des électeurs dans l’ombre, des « urnes déplacées sans dépouillement » à Mitzic, ou des listes d’émargement confuses. À ces failles s’ajoute « la massification de procurations », parfois accompagnée d’un laxisme policier flagrant dans plusieurs localités comme Ntoum ou Essassa.
Des recommandations pour recoudre la confiance
L’OCP formule une kyrielle de recommandations pour éviter que la démocratie ne se transforme en « maison fissurée ». Parmi elles : « réorganiser les élections dans les circonscriptions litigieuses », « respecter la procédure sur les procurations », ou encore « réviser le fichier électoral afin de le débarrasser des doublons et des décès ».
La mission appelle aussi à une formation plus rigoureuse des scrutateurs, à l’instauration de médiations dans les zones à risque, et à l’usage de logiciels fiables pour la proclamation des résultats. Le constat est net : « deux élections couplées créent une surcharge, non une solution », image d’un électeur croulant sous le poids des bulletins.
Entre satisfaction et désillusion
En dépit des irrégularités, l’OCP nuance : « les élections sont satisfaisantes, bien loin des standards précédents mais loin aussi d’un chaos ». Comme un juge indulgent, l’Observatoire préfère pointer des chemins de progrès que condamner sans appel.
Ainsi, ce rapport préliminaire résonne comme une cloche : ni glas funèbre, ni chant de victoire, mais un appel à bâtir « une démocratie apaisée, inclusive et transparente », pour que les urnes ne soient plus des arènes de confusion, mais des temples de la souveraineté populaire.

























