Depuis 2018, le Programme National de promotion de l’emploi (PNPE) n’a plus publié de statistiques actualisées sur le marché du travail gabonais. Ce mutisme institutionnel, qui dure depuis près de huit ans, soulève des interrogations sur la transparence et l’efficacité des politiques publiques en matière d’emploi.
Les derniers rapports statistiques du PNPE datent de 2018. Depuis, seules des notes d’activités ont été mises en ligne, sans données chiffrées sur le chômage, l’insertion des jeunes ou l’évolution du marché du travail. Cette absence de suivi statistique prive les décideurs, les chercheurs et les partenaires internationaux d’outils fiables pour mesurer l’impact des politiques menées.
Face à ce vide, l’Institut National de la Statistique (INSTAT Gabon) a tenté de combler le manque en publiant des bulletins trimestriels sur l’emploi formel. Ces documents, disponibles depuis 2021, offrent un aperçu partiel de la situation, basé sur les déclarations des entreprises et administrations. Mais ils laissent de côté l’économie informelle, qui représente pourtant une part essentielle de l’activité au Gabon.
Ce silence statistique n’est pas anodin. Dans un pays où le chômage des jeunes reste élevé et où l’informel domine, l’absence de données officielles fragilise la crédibilité des politiques de l’emploi. Comment évaluer l’efficacité des programmes de formation et d’insertion sans chiffres ? Comment attirer des investisseurs ou convaincre les bailleurs internationaux sans indicateurs fiables ?
Au-delà du déficit d’information, ce mutisme traduit une faiblesse institutionnelle. Le PNPE, censé être le bras armé de l’État en matière de promotion de l’emploi, semble relégué à un rôle administratif, incapable de produire les données nécessaires à une gouvernance moderne. L’INSTAT, malgré ses efforts, ne peut à lui seul pallier ce manque, surtout dans un contexte où l’informel échappe aux radars.
Il est urgent que le Gabon réactive son appareil statistique sur l’emploi. Sans chiffres, la politique publique navigue à vue. Et dans un pays où la jeunesse représente plus de la moitié de la population, l’absence de données fiables sur le marché du travail n’est pas seulement une lacune technique : c’est un risque majeur pour la cohésion sociale et la stabilité économique.


























