La Mairie de Libreville, en collaboration avec l’entreprise Clean Africa, a lancé un nouveau dispositif de dépôt et de ramassage des ordures ménagères, visant à améliorer la gestion des déchets urbains. Ce projet, qui stipule des jours et des horaires précis pour le dépôt des ordures, uniquement les lundis, mercredis et vendredis entre 18 heures et 21 heures, se heurte pourtant à une réalité déconcertante : la désobéissance citoyenne.
Dans de nombreux quartiers de la capitale, des tonnes d’ordures sont abandonnées à toute heure, ignorant les consignes municipales. Des zones comme Dragages, Okinda et Nkembo sont particulièrement touchées, avec des tas d’immondices qui s’accumulent, créant des conditions de vie déplorables pour les résidents. Un habitant du quartier Dragages témoigne : « On voit des gens sortir leurs poubelles même le matin ou le dimanche. Après, on nous parle d’insalubrité, mais comment faire si personne ne respecte les règles ? »
Les conséquences de cette incivisme sont alarmantes. Les déchets abandonnés attirent des animaux errants, tels que des chiens, qui éventrent les sacs, répandant les ordures sur les routes. Les odeurs désagréables deviennent insupportables, notamment pour les commerçants. Une vendeuse du quartier Okinda déplore : « Quand les ordures restent toute la journée au soleil, les clients ne veulent plus acheter. On perd de l’argent à cause de ça. »
Pour plusieurs observateurs, le véritable problème réside non pas dans la réforme elle-même, mais dans son application. Le succès de ce système dépend de la discipline des citoyens, un élément encore fragile dans certains secteurs. Un riverain de Nkembo souligne : « La mairie a fait son travail en fixant des règles claires. Maintenant, il faut que les populations jouent le jeu. »
Cependant, la sensibilisation et le contrôle semblent insuffisants. De nombreux habitants affirment ne pas avoir été suffisamment informés des nouvelles règles, tandis que d’autres réclament des sanctions pour les contrevenants. Un universitaire vivant à Derrière-la-Prison insiste : « Il faut expliquer, mais aussi sanctionner. Sinon, ceux qui respectent les jours et les heures se sentent lésés. »
Ainsi, le dispositif de collecte et de gestion des ordures ménagères, conçu pour améliorer l’hygiène à Libreville, révèle des limites face à une réalité complexe. Les autorités devront intensifier les efforts de sensibilisation et envisager des mesures coercitives pour garantir le succès de cette initiative. Il est crucial que la Mairie et ses partenaires prennent des mesures efficaces pour transformer cette bonne idée en une réalité tangible, loin des déchets d’indiscipline.


























