Depuis près de deux semaines, le Grand Libreville vit au rythme d’une pénurie de gaz butane qui bouleverse le quotidien des ménages. Dans les quartiers populaires comme dans les zones plus aisées, les scènes se répètent : familles contraintes de parcourir des kilomètres pour espérer trouver une bouteille, files interminables devant les rares points de vente encore approvisionnés, et déceptions à la clé lorsque les stocks s’épuisent avant même l’ouverture des guichets.
Le gaz butane, indispensable pour la cuisson et parfois même pour le chauffage de l’eau, est devenu un produit rare, presque de luxe. Cette situation alimente la colère et l’inquiétude des habitants, d’autant plus que certains dénoncent des pratiques spéculatives qui aggraveraient la crise.
Face à la grogne, la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) a tenté de clarifier sa position. Dans un communiqué, elle rappelle que son rôle se limite au stockage et à l’entreposage, et qu’elle ne gère ni la commercialisation ni la distribution directe du gaz. Les commandes, précise-t-elle, sont exclusivement traitées pour le compte des sociétés de commercialisation telles que TotalEnergies Marketing Gabon, Vivo Energy Gabon, Ola Energy Gabon, PetroGabon et Gab’Oil.
La SGEPP affirme avoir assuré une permanence exceptionnelle durant les fêtes de fin d’année, avec des volumes censés couvrir près de 90 % de la demande habituelle. Pourtant, cette déclaration laisse planer de nombreuses zones d’ombre : aucune explication claire sur les causes réelles de la pénurie, ni sur les responsabilités au sein de la chaîne d’approvisionnement.
Pour les consommateurs, ces précisions ressemblent davantage à un renvoi de responsabilités qu’à une solution. Les ménages, eux, continuent de souffrir d’un système jugé fragile et opaque. Dans les rues de Libreville, les appels se multiplient pour que les autorités interviennent rapidement, renforcent le contrôle du marché et garantissent un approvisionnement stable.
En attendant, les Librevillois vivent une crise du manque de gaz butane qui met en lumière la vulnérabilité de leur quotidien face aux défaillances d’un secteur vital.










































