Le 19 janvier 2026, le Tribunal de Libreville avait reconnu Junior Xavier Ndong-Ndong coupable de trouble à l’ordre public, le condamnant à douze mois d’emprisonnement et à une amende de deux millions de francs CFA. Cette décision avait immédiatement suscité la réaction de son équipe juridique, qui avait annoncé faire appel en dénonçant de nombreuses irrégularités dans la procédure. Dès lors, la défense s’était mobilisée pour obtenir une révision complète du dossier.
Des vices de procédure au cœur de la défense
Le collectif d’avocats mandaté pour la défense, composé notamment de Mes Hugues Boguikouma, Sosthène Myé Eyi, ainsi que des cabinets Nkea, Achille Mba et Moumbembé, avait soulevé des irrégularités formelles et substantielles. Parmi les arguments retenus figuraient la non-communication des éléments à charge et l’irrecevabilité d’une clé USB produite comme pièce à conviction, censée contenir des extraits d’une conférence de presse. La défense avait également contesté la régularité des procès-verbaux établis au cours de l’instruction. Ces griefs cumulés avaient fondé la demande d’élargissement de leur client, au motif que les éléments constitutifs de l’infraction reprochée demeuraient insuffisamment établis.
Le parquet maintient sa position sur le trouble à l’ordre public
Face aux plaidoiries de la défense, le ministère public avait maintenu une position ferme. Pour le parquet, les propos incriminés, jugés dirigés contre une communauté ethnique, étaient de nature à compromettre la paix sociale. Le procureur avait ainsi requis une peine de six mois d’emprisonnement, dont trois avec sursis, estimant que la condamnation de principe restait nécessaire pour préserver l’ordre public.
La Cour d’appel statue : allègement de la peine et liberté provisoire
Le mardi 28 avril 2026, la Cour d’appel judiciaire de Libreville a partiellement réformé le jugement de première instance. La juridiction a ramené la peine à huit mois d’emprisonnement et réduit l’amende à un million de francs CFA. Elle a en outre ordonné la levée du mandat de dépôt, ouvrant concrètement la voie à la remise en liberté provisoire de Junior Xavier Ndong-Ndong. Cette décision, relayée par le quotidien l’Union le 29 avril, représente une victoire partielle pour la défense.
Culpabilité maintenue malgré l’allègement de la sanction
Si la Cour a entendu certains arguments de la défense pour alléger la sanction, elle n’a pas remis en cause la culpabilité du prévenu. Junior Xavier Ndong-Ndong demeure donc condamné au fond pour trouble à l’ordre public, avec une peine revue à la baisse. Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la liberté d’expression et de la gestion des rites traditionnels au Gabon, dans un contexte institutionnel encore en pleine évolution depuis le changement de gouvernance intervenu en 2023.
























