Libreville, le 29 avril 2026 — La rigueur administrative s’impose à nouveau comme un impératif catégorique au sein de l’appareil judiciaire. À la suite d’une visite inopinée menée à l’aube du mardi 28 avril, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a mis au jour des dysfonctionnements d’une gravité certaine, révélateurs d’un absentéisme persistant dans plusieurs services stratégiques.
La tournée ministérielle, conduite entre 7h30 et 9h30 — plage horaire pourtant strictement encadrée par les normes en vigueur — a ciblé des entités névralgiques, notamment la Direction générale des Droits de l’Homme, la Direction de la Gestion des Sceaux et Symboles de la République ainsi que l’Observatoire des Inégalités. Le constat dressé est sans appel : une présence marginale des agents, traduisant une défaillance manifeste dans l’exécution des obligations de service. Dans certains cas, à peine trois agents étaient présents sur un effectif dépassant la vingtaine.
Une telle situation contrevient directement aux dispositions du décret n°0028/PR/MEFPTFP du 29 janvier 2021, qui fixe les horaires de travail au sein de l’administration publique gabonaise. Ce texte impose une présence continue de 7h30 à 16h30, assortie d’une pause réglementaire, consacrant ainsi un cadre normatif clair auquel nul agent ne saurait se soustraire sans s’exposer à des sanctions disciplinaires.
Face à ces manquements répétés, le ministre a adopté un ton résolument ferme. Il a rappelé les instructions déjà adressées au Secrétariat général de la Chancellerie, enjoignant à l’ouverture systématique de procédures de demande d’explication à l’encontre des agents défaillants. Une démarche qui s’inscrit dans le respect du principe de responsabilité administrative, pierre angulaire du fonctionnement de la fonction publique.
Au-delà de la seule question de la discipline interne, cette initiative revêt une portée institutionnelle plus large. Elle traduit une volonté de restaurer l’autorité de l’État dans ses propres services, condition indispensable à la crédibilité de la justice. Car une administration judiciaire marquée par l’absentéisme compromet, de facto, la continuité du service public et, partant, l’accès effectif des citoyens à leurs droits.
Cette séquence met en lumière une problématique récurrente : l’écart entre la norme juridique et sa mise en œuvre effective. Elle rappelle que l’existence de textes, aussi précis soient-ils, ne saurait suffire sans une appropriation réelle par les agents chargés de les incarner.
En durcissant le ton, le Garde des Sceaux engage ainsi une dynamique de responsabilisation qui pourrait, à terme, redéfinir les standards de fonctionnement au sein de l’administration judiciaire. Reste à savoir si cette volonté politique se traduira par un changement durable des pratiques.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Là où le gardien s’absente, la règle perd sa voix. »

























