Soutenu par l’UNESCO, le lycée technique de Bikélé a organisé du 17 au 24 mars une semaine de sensibilisation contre les drogues. La phase de restitution, tenue le 31 mars, a révélé l’ampleur du phénomène et la mobilisation croissante de la communauté éducative pour y faire face.
Bikélé, Gabon · 3 avril 2026 -Dans un contexte de progression inquiétante de la consommation de substances illicites dans les établissements gabonais, le lycée technique de Bikélé a pris les devants. Du 17 au 24 mars 2026, une campagne de sensibilisation organisée avec l’appui de l’UNESCO a réuni élèves et personnels éducatifs autour d’un même objectif : informer, prévenir et responsabiliser face à un fléau qui touche désormais les salles de classe.
Une semaine pour changer les mentalités
Pendant sept jours, les apprenants ont été sensibilisés aux conséquences sanitaires, sociales et scolaires de l’usage de drogues. L’ambition de l’initiative allait cependant au-delà de la simple transmission d’informations : il s’agissait de former des élèves-relais, capables de porter le message de prévention au sein même de leurs cercles de pairs, là où les adultes n’ont pas toujours accès.
La phase de restitution, organisée le 31 mars, a constitué le moment central du dispositif. Devant leurs camarades et encadreurs, plusieurs élèves ont pris la parole pour livrer des témoignages d’une gravité saisissante.
« C’est très important de sensibiliser, parce que j’ai perdu un ami à cause de ça. Il a fait une overdose. Mon conseil, c’est de se concentrer sur soi-même, de ne pas faire le suivisme et de ne penser qu’aux études. »
— Junior Mabounda, élève au lycée technique de Bikélé
Des cas signalés au sein même de l’établissement
L’administration du lycée ne minimise pas la réalité du problème. Chantale Annie Nzoughe, inspectrice pédagogique, a reconnu que des incidents liés à la drogue avaient eu lieu dans l’enceinte scolaire dans les semaines précédant la campagne. Pour elle, la sensibilisation ne peut pas se limiter aux murs de l’école.
« Ça ne devrait pas s’arrêter au niveau des établissements, mais aussi dans les familles. Ce que je pourrais dire aux jeunes, c’est de penser à eux-mêmes. L’avenir, c’est pour eux. »
— Chantale Annie Nzoughe, inspectrice pédagogique
Vers une dynamique de prévention durable
Au-delà de cette semaine d’actions, l’établissement entend inscrire la prévention dans la durée. L’implication de l’UNESCO constitue un levier précieux pour pérenniser le dispositif et l’étendre à d’autres établissements de la région. Les responsables pédagogiques appellent également les familles à s’emparer du sujet, estimant que l’école seule ne peut pas suffire face à des influences extérieures — notamment celles de la rue — qui pèsent lourd dans les choix des adolescents.
En faisant des élèves eux-mêmes les principaux messagers de la campagne, le lycée technique de Bikélé parie sur une approche par les pairs, jugée plus efficace que les discours institutionnels pour toucher une jeunesse souvent méfiante envers les adultes. Une stratégie qui, si elle est reconduite et amplifiée, pourrait devenir un modèle pour d’autres établissements gabonais confrontés au même défi.


























