Le Gabon consolide son dispositif de sécurité maritime avec le lancement d’un nouveau programme de coopération internationale destiné à lutter contre la criminalité en mer. Cette initiative, portée conjointement par le gouvernement gabonais, l’Ambassade des États-Unis et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), marque une étape structurante dans la protection des eaux nationales, régulièrement exposées à des activités illicites.
Financé par le Département d’État américain, le projet s’inscrit dans le cadre du Programme mondial de lutte contre la criminalité maritime (GMCP) de l’ONUDC. Doté d’une enveloppe de 4 millions de dollars et prévu sur trois ans, il ambitionne de renforcer les capacités opérationnelles des institutions gabonaises chargées de la surveillance maritime, un enjeu devenu central pour un pays dont les zones marines protégées figurent parmi les plus vastes d’Afrique.
Au cœur du dispositif, l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) bénéficiera d’un appui matériel et technique inédit. Le programme prévoit notamment la livraison de quatre embarcations rapides de type Defender, conçues pour les interventions en mer et les opérations de poursuite. À cela s’ajoute un ensemble d’équipements spécialisés destinés à améliorer la détection, le contrôle et la réactivité face aux infractions maritimes.
Pour l’ANPN, ces moyens supplémentaires devraient permettre d’intensifier les patrouilles, de renforcer la surveillance des aires marines protégées et de mieux contrer les menaces persistantes : pêche illégale, braconnage, trafics transfrontaliers ou encore exploitation non autorisée des ressources halieutiques. Autant de pratiques qui fragilisent les écosystèmes marins et compromettent les efforts de conservation engagés depuis plus d’une décennie.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette coopération illustre une convergence d’intérêts entre Libreville, Washington et l’ONUDC autour de la gouvernance maritime et de la préservation de la biodiversité. Elle s’inscrit également dans une dynamique régionale où les États côtiers cherchent à mieux contrôler leurs espaces maritimes, devenus des zones stratégiques tant sur le plan économique qu’environnemental.
Dans un contexte marqué par la montée des menaces en mer dans le golfe de Guinée, ce partenariat apparaît comme un levier essentiel pour affirmer la souveraineté du Gabon, moderniser ses outils de surveillance et garantir une gestion durable de son patrimoine marin. Une avancée qui pourrait, à terme, servir de modèle pour d’autres pays de la région confrontés aux mêmes défis.


























