Le jeudi, Donald Trump a été déclaré coupable de l’ensemble des chefs d’accusation à son procès à New York, une première historique pour un ancien président américain. Les 12 jurés ont unanimement reconnu sa culpabilité pour les 34 délits de falsifications de documents comptables, liés à un paiement de 130 000 dollars à l’actrice de films X Stormy Daniels. Ce paiement avait pour but de dissimuler un scandale sexuel à la fin de sa campagne présidentielle de 2016.
Donald Trump a dénoncé ce procès comme étant « truqué » et une « honte », affirmant que le « vrai verdict » serait rendu le jour de l’élection présidentielle le 5 novembre. Malgré cette condamnation, rien n’empêche le milliardaire républicain de 77 ans de briguer un second mandat contre Joe Biden. Les manifestants anti-Trump ont célébré le verdict, tandis que le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a qualifié cette journée de « honte » pour l’histoire américaine. En revanche, un porte-parole de la campagne de Joe Biden a souligné que « nul n’est au-dessus des lois ».
Le juge Juan Merchan, qualifié de « corrompu » par Trump, a remercié les jurés pour leur attention. La peine sera prononcée le 11 juillet, avec une possible peine de prison allant jusqu’à quatre ans et/ou une amende. L’un des avocats de Trump a annoncé un appel après cette date.
Le verdict intervient en pleine campagne présidentielle, alors que le premier débat entre Trump et Biden est prévu le 27 juin et que la convention républicaine se tiendra du 15 au 18 juillet. L’impact de cette décision sur l’élection reste incertain, notamment en raison de l’appel probable de Trump. Daniel Warner, politologue, s’interroge sur la réaction des électeurs américains, certains étant encore indécis malgré les sondages favorables à Trump.
Certains électeurs pro-Donald Trump pourraient se détourner de lui, étant donné qu’il est le premier ancien président américain recounnu coupable condamné pénalement. Toutefois, ses multiples inculpations et condamnations civiles depuis 2023, qu’il qualifie de « chasse aux sorcières », ne l’ont pas empêché de dominer la primaire républicaine.
Durant son procès, Trump a utilisé l’attention médiatique à son avantage, s’exprimant fréquemment en dehors de la salle d’audience, entouré de ses enfants et de soutiens républicains. Cependant, il n’a pas témoigné. Les jurés ont plongé dans les dessous de la campagne présidentielle de 2016, marquée par la peur d’un scandale sexuel.
Stormy Daniels a reçu 130 000 dollars juste avant l’élection pour garder le silence sur une relation sexuelle avec Trump en 2006. Le paiement, effectué par Michael Cohen, ex-homme de confiance de Trump devenu son ennemi, a été remboursé en 2017 par des chèques signés par Trump et maquillés en « frais juridiques » dans les comptes de la Trump Organization. Les procureurs ont décrit cette dissimulation comme un complot visant à remporter l’élection contre Hillary Clinton, une thèse rejetée par la défense, qui affirme que Trump, alors président, ignorait les détails des remboursements à Cohen.
La Maison Blanche a réagi sobrement, affirmant respecter la loi et ne pas commenter davantage. Le président Biden, qui commémorait la mort de son fils aîné, n’a pas réagi personnellement, mais un porte-parole a insisté que « nul n’était au-dessus des lois ». Un autre porte-parole a ajouté : « Il n’y a toutefois qu’une manière de garder Donald Trump en dehors du bureau ovale : le bulletin de vote. Délinquant ou pas, Trump sera le candidat des républicains. »


























