Libreville, le 10 janvier 2026- Face à la détresse silencieuse des femmes privées, l’espace de quelques heures, d’un lieu sûr pour donner la vie, l’État ne pouvait rester immobile. C’est dans la gravité de cette responsabilité que la Professeure Elsa Joséphine N’kana Ayo épouse Bivigou, nouveau ministre de la santé, s’est rendue, de nuit, au centre hospitalier régional (CHR) de Melen, en périphérie sud de Libreville. Une visite nocturne, rare et hautement symbolique, motivée par l’impérieuse nécessité de restaurer les accouchements, suspendus à la suite des dégâts causés par un violent orage sur les bâtiments de la maternité et du bloc opératoire.
Accompagnée du sécrétaire général adjoint du ministère et de plusieurs collaborateurs, la ministre a tenu à voir, comprendre et décider sur place. Loin des rapports administratifs et des constats à distance, elle a évalué personnellement l’ampleur des dommages et les conséquences immédiates de cette interruption sur la sécurité maternelle et néonatale. À Melen, l’urgence n’était pas théorique : elle était humaine, quotidienne, vitale.
À l’issue de cette évaluation, et dans l’attente du lancement imminent des travaux de restauration, instruction ferme et sans ambiguïté a été donnée pour la reprise immédiate des accouchements. Une décision assumée, guidée par un principe simple mais fondamental : la continuité des soins ne saurait être négociable lorsque la vie est en jeu.
Des mesures transitoires, mais rigoureusement encadrées, ont été arrêtées séance tenante afin de garantir des conditions d’hygiène et de sécurité acceptables. Il s’est agi notamment de l’aménagement rapide d’un point d’eau fonctionnel et du déplacement du vidoir destiné à l’élimination des déchets biomédicaux, désormais gérés dans des conditions sécurisées. Ces dispositions d’urgence ont permis, dès ce vendredi, la reprise effective de l’accueil des femmes en travail, rendant à l’hôpital sa mission première : donner la vie, même dans l’adversité.
La ministre de la santé a cependant tenu à rappeler avec clarté que ce dispositif demeure strictement provisoire. Le CHR de Melen, qui enregistre en moyenne une dizaine d’accouchements par jour, mérite des infrastructures pérennes, dignes de son rôle stratégique dans l’offre de soins régionale. À cet effet, les travaux de réhabilitation et d’extension des bâtiments endommagés ont été confiés à l’entreprise Mika Services, avec l’exigence de rapidité, de conformité technique et de durabilité.
Cette descente nocturne au CHR de Melen s’inscrit dans la droite ligne de la vision portée par la Professeure N’kana Ayo épouse Bivigou depuis sa prise de fonction. Lors de sa première rencontre avec les membres de son cabinet, les responsables administratifs et les entités sous tutelle, elle a posé un cap sans détour : le patient doit redevenir le centre de gravité du système de santé gabonais. À Melen, cette orientation n’est pas restée un slogan. Elle s’est traduite par une présence, des décisions et des actes.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Quand la pirogue prend l’eau, on ne débat pas du fleuve, on écopera ensemble. »


























