L’hôpital départemental de Bitam traverse une crise aussi discrète que lourde de conséquences. L’établissement est totalement dépourvu de chirurgien. Cette ville du nord du Gabon compte environ 30 000 habitants. Elle se situe au carrefour stratégique des frontières camerounaise et équato-guinéenne. Cette carence structurelle met en lumière les fragilités persistantes du système de santé local.
Une structure hospitalière paralysée
Privée de spécialiste, la structure hospitalière ne peut plus assurer les interventions chirurgicales courantes. Or, ces interventions sont indispensables à la prise en charge des urgences. Accidents de la route, complications obstétricales, appendicites aiguës, traumatismes graves : toutes ces situations exigent une réponse médicale immédiate. Pourtant, l’hôpital ne peut plus les traiter sur place. Cette défaillance transforme chaque urgence en course contre la montre.
Des évacuations risquées et coûteuses
Face à cette réalité, les patients sont systématiquement orientés vers le Centre hospitalier régional d’Oyem. Celui-ci se trouve à plus de 70 kilomètres. Certains malades sont également dirigés vers des structures sanitaires du Cameroun voisin. Ces évacuations sont souvent improvisées et réalisées dans des conditions précaires. Elles allongent les délais de prise en charge et exposent les patients à des risques supplémentaires. De plus, elles représentent un coût financier non négligeable pour des familles déjà fragilisées économiquement.
Un hôpital stratégique affaibli
Cette dépendance extérieure interroge d’autant plus que Bitam occupe une position géographique stratégique. Elle se trouve au cœur de la zone des trois frontières. L’hôpital départemental devrait logiquement jouer un rôle central dans l’offre de soins du Ntem. Au lieu de cela, il se retrouve affaibli et incapable de répondre aux besoins essentiels de la population. D’autres structures l’obligent à leur déléguer ses responsabilités.
Une population inquiète qui réclame des actes
Dans les quartiers comme au sein des associations locales, l’inquiétude grandit. Les habitants dénoncent une situation devenue intenable. Ils appellent les autorités sanitaires à agir rapidement. Pour eux, la présence d’un chirurgien permanent n’est plus une simple revendication. C’est désormais une urgence vitale. Elle conditionne non seulement la qualité des soins, mais aussi la confiance des populations envers leur système de santé.
Une crise silencieuse mais profonde
À Bitam, la crise n’est pas bruyante, mais elle est profonde. Aucune solution durable n’est encore mise en place. Ainsi, chaque urgence continue de révéler les limites d’un hôpital sans chirurgien. Un hôpital qui ne peut plus remplir pleinement sa mission première : sauver des vies.























