Le gouvernement gabonais a amorcé une nouvelle phase de dialogue social dans un contexte de grève persistante au de l’éducation nationale. Le vendredi 10 janvier 2026, le ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, Camélia Ntoutoume Leclercq, a engagé une série d’échanges avec les enseignants regroupés par bassins pédagogiques. Cette initiative, présentée comme un exercice structuré d’écoute et de concertation, vise à recueillir les préoccupations exprimées par les acteurs de terrain et à dégager des pistes de solutions à soumettre aux autres départements ministériels concernés, dans la perspective d’une reprise rapide et durable des activités scolaires.
Au cours de ces consultations, plusieurs enseignants ont tenu à préciser que le paiement des vacations ne constituait pas l’élément déclencheur central du mouvement de grève. Les revendications formulées portent prioritairement sur la régularisation des situations administratives, considérée comme un impératif préalable à tout retour effectif en classe. À ces exigences s’ajoutent des conditions de travail largement décriées, marquées par des charges professionnelles jugées excessives et des environnements pédagogiques inadaptés à l’exercice quotidien du métier.
Les échanges ont également mis en lumière la situation préoccupante de nombreux enseignants stagiaires confrontés à des irrégularités administratives persistantes. Ces dysfonctionnements structurels, combinés à diverses revendications connexes, alimentent un climat de frustration et d’incertitude au sein de la communauté éducative, fragilisant durablement le fonctionnement normal des établissements scolaires.

« C’est la résolution de nos problèmes qui nous permettra de retourner en classe», a déclaré Jean Edou, enseignant de philosophie au lycée Jean-Hilaire Aubame Eyeghe, exprimant ainsi une position largement partagée par ses collègues.
Dans le même élan, le collectif SOS Éducation, représenté par Jean Christopher Ndong Bekale, a saisi l’occasion de cette rencontre pour remettre officiellement son cahier de charges au ministre d’État, un geste interprété comme une étape significative vers l’ouverture de négociations inclusives dans la cadre de cette grève dans l’éducation nationale. « Nous allons informer la base pour lui dire clairement que les négociations sont ouvertes. Il était difficile et inacceptable de conduire ces discussions sans nous, car cela revenait à exclure SOS Éducation, à l’origine de la suspension des cours en raison des conditions actuelles de l’enseignement gabonais».

Pour sa part, la ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq a réaffirmé l’engagement des pouvoirs publics à examiner et à traiter ces revendications, qu’elle qualifie de légitimes et anciennes. Depuis les premières rencontres avec les partenaires sociaux entamées mardi dernier, elle rappelle aux enseignants que seule une démarche collective et responsable permettra d’aboutir à des solutions durables. « Les revendications des enseignants sont légitimes. Ce sont des demandes anciennes, consignées dans plusieurs cahiers de charges. Nous travaillons à des solutions concrètes, en lien avec la Fonction publique et le ministère du Budget», a-t-elle indiqué, évoquant notamment les 1 032 régularisations administratives déjà effectuées et la nécessité d’améliorer la communication autour des actions engagées.
À l’issue échanges, l’ouverture négociations est fixée dimanche 11 janvier 2025 prochain.












































