À l’approche de la rentrée 2026-2027, le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) tire la sonnette d’alarme. L’établissement pourrait accueillir plus de 30 000 étudiants dès la prochaine année académique. Or, il ne disposerait actuellement que de 8 000 places assises réellement disponibles sur l’ensemble du campus. Dans un communiqué signé par son président, Mathurin Ovono Ebè, le SNEC-UOB décrit une institution étranglée par la démographie. « L’heure n’est plus aux demi-mesures, mais à l’action d’urgence », prévient le syndicat. Actuellement, l’UOB accueillerait déjà 18 000 étudiants, soit un taux d’occupation avoisinant 225 %. L’arrivée de 15 000 nouveaux bacheliers, ajoutée au retour de Gabonais étudiant en France, aggraverait encore cette pression.
Pour financer une réponse structurelle, le syndicat propose un alignement des frais sur le plancher tarifaire de la zone CEMAC. Concrètement, les droits d’inscription passeraient entre 50 000 et 100 000 FCFA. Sur la base de 70 000 FCFA par étudiant, l’université pourrait ainsi lever près de 2,1 milliards de FCFA. Ces fonds financeraient prioritairement les infrastructures et les laboratoires, à hauteur de 75 %. Le reste couvrirait le fonctionnement courant. Par ailleurs, le SNEC-UOB exige une traçabilité stricte. « Chaque franc issu des inscriptions doit faire l’objet d’une traçabilité absolue », insiste le syndicat. Les recettes seraient logées dans un compte spécial, sous contrôle du Conseil d’administration.
Une hausse qui interroge sur le plan social
Néanmoins, cette augmentation ne serait pas neutre pour des familles déjà éprouvées financièrement par le coût de la vie. Ainsi, le SNEC-UOB propose parallèlement des bourses sociales ciblées vers les foyers les plus modestes. D’autres pistes sont également évoquées, comme des filières payantes ou le mécénat d’entreprises. Cette diversification semble urgente, puisqu’aucun bâtiment n’aurait été construit depuis 1995. Un bloc pédagogique de 3 milliards de FCFA resterait d’ailleurs à l’arrêt. Sa livraison offrirait pourtant 800 places supplémentaires.
Payer plus, pour quels résultats concrets ?
Cette proposition relance donc le débat sur le financement de l’université publique. Toutefois, une question demeure entière : quelles garanties seront données sur l’usage réel de ces nouvelles recettes ? Le syndicat tente d’y répondre en plaçant la transparence au centre. « Le redressement de l’université ne se fera pas avec des solutions de court terme », avertit-il. Reste désormais au gouvernement gabonais à trancher rapidement ce dossier sensible et complexe. Car au-delà du débat tarifaire, c’est bien l’avenir du premier établissement public gabonais qui se joue. Entre statu quo persistant et réforme structurelle attendue, la décision engage toute la communauté universitaire pour les années à venir.












































