L’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) a annoncé une interdiction immédiate de la commercialisation des jus artisanaux (bissap, gingembre), du lait caillé et des glaces reconditionnées. Cette décision, motivée par des inspections ayant révélé de graves manquements aux règles d’hygiène, vise à protéger la santé publique. Mais elle suscite une vive polémique dans l’opinion.
Des manquements graves constatés
Les contrôles menés par l’AGASA ont mis en évidence : des conditions de production insalubres, l’absence de chaîne du froid pour des produits sensibles, la réutilisation de contenants non désinfectés, des manipulations sans protection pour ces jus artisanaux.
Pour l’agence, ces pratiques exposent les consommateurs à des risques élevés d’intoxications alimentaires et de contaminations bactériennes.
Si la nécessité de protéger les consommateurs est reconnue, la méthode choisie par l’AGASA d’interdire tous les jus artisanaux est critiquée.
>« Pourquoi toujours sanction sanction mais jamais encadrement puis sanction ? », déplore un acteur du secteur.
Des mères de famille rappellent que la vente de ces jus traditionnels constitue souvent leur seul revenu pour financer le goûter des enfants. Beaucoup estiment injuste de sanctionner l’ensemble des vendeurs, alors que seuls certains ont été pris en défaut.
La décision a également provoqué des réactions politiques. « Si j’étais Maire d’une localité, j’aurais rejeté une telle mesure dans ma ville. On a élu même les maires d’arrondissement pour quoi ? Des béni-oui-oui ? » Affirme fils un citoyens
De son côté, Aurphé : Laure Swiboda appelle à une approche plus structurée : « Pour mieux accompagner, il faut d’abord avoir une vue d’ensemble pour mieux les suivre. Tu souhaites continuer ton activité ? Fais-toi suivre par l’autorité compétente, ou bien ? »
Ces propos traduisent une volonté d’encadrement plutôt que d’exclusion brutale.
Entre santé publique et économie informelle
La décision de l’AGASA met en lumière un dilemme : garantir la sécurité sanitaire tout en préservant la survie économique des petits commerçants. Plusieurs associations plaident pour une stratégie progressive : formation en hygiène, certification des produits conformes, accompagnement vers la mise aux normes.
L’interdiction des jus artisanaux, du lait caillé et des glaces reconditionnées marque un tournant dans la régulation alimentaire au Gabon. Mais elle soulève un débat de fond : faut-il privilégier la sanction immédiate ou instaurer un encadrement progressif qui protège à la fois la santé publique et l’économie informelle ? Une chose est sûre : la décision de l’AGASA ne laisse personne indifférent.


























